Un gentleman, c’est celui qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de geste.

Michel Audiard

Note de lecture : Business Model, nouvelle génération par Alexander Osterwalder & Yves Pigneur

Note : 9 ; Une approche disruptive du marketing tourné vers l’innovation. Un contenu de qualité qui devrait faire partie du bagage de base. Book of the Year 2013 !

Voici un ouvrage qui ne ressemble à aucun autre. Contrairement à mon habitude, j’ai acheté la version française, sans qu’il n’y ait de raison à cela. Visiblement la qualité de la traduction ne compromet pas le contenu. Une bonne nouvelle ! La chose qui frappe le plus lorsque l’on feuillette ce livre au format très inhabituel est la mise en page sophistiquée où chaque page semble être une maquette. En fait, on a même l’impression d’être face à une plaquette marketing, ce qui fait craindre que le contenu ne soit pas à la hauteur des espérances…

Coupons court au suspens : cette crainte est infondée. En fait la mise en page accentue et supporte le contenu. Mais il est temps de parler de ce dernier. Le livre (je n’ose dire « le texte ») compte 280 pages regroupées en 5 parties principales.

La première partie constitue la fondation du reste, car elle présente l’outil de base de l’approche Business Model Generation : la canevas. Les auteurs suggèrent ainsi, plutôt que de produire de lourds et fastidieux business plans de produire un canevas sous forme de poster découpé en 9 aires. Les 50 pages de cette première partie sont consacrées à décrire ces 9 aires.

La seconde partie montre 5 typologies de business, exemples à l’appuie et montre comment ces typologies se présentent dans la canevas. Une excellent façon d’illustrer et comprendre l’utilisation du canevas.

La 3ème partie, « design » s’éloigne un peu du Canevas pour s’intéresser aux techniques d’innovation permettant la génération d’idées. Ce sont 6 techniques qui sont passées en revues au long de 70 pages consacrées à cette partie : connaissance du client, design thinking, story telling, prototypage, etc… Chacune de ces technique est un champs de connaissance à part entière, mais la façon dont chacun d’entre eux est traité en fait une excellente introduction.

40 pages (seulement, pourrait-on dire) sont consacrées à la stratégie qui constitue la quatrième partie du livre. On y couvre la compréhension des éléments environnementaux (forces du marché, forces du secteur, tendances et forces macro-économiques), l’évaluation des modèles économiques basée sur le SWOT, la stratégie « océan bleu » et le support de plusieurs modèles économiques. Finalement, beaucoup de matière en si peu d’espace !

La cinquième partie parle processus de création du modèle économique. Celui-ci se décline en 5 phases : mobiliser, comprendre, concevoir, déployer et gérer.

Il n’y a pas une forces, mais des forces dans ce livre, qui en font à mon avis une lecture incontournable.

La présentation du Business Model Canvas. Celui-ci a été depuis repris et adapté par Ash Maurya et présenté dans son ouvrage : Running Lean. A vous de voir celui qui vous paraît le plus adapté.

Chacune des parties aborde une face importante de la construction du business model et est elle-même structurée en différents volets articulés entre eux. C’est presque comme si l’on avait 5 livres en un seul ! De nombreux sujets sont traités et le livre en est une excellente introduction. Il est toujours possible de creuser chaque sujet avec des contenus spécialisés.

La construction graphique du livre avec sa mise en page sophistiquée en font un outil pédagogique d’une rare efficacité.

Le seul défaut que je vois à ce livre est la fragilité de sa reliure ! L’objet est donc hélas à manier avec précautions (et/ou à ne pas prêter à tout le monde). Cette réserve mise à part, la conclusion ne fait aucun doute : un livre à lire ! 

Business Model Genaration

Référence complète : Business Model, nouvelle génération – Alexander Osterwalder & Yves Pigneur – Pearson education France 2011 (V.O . : Business Model Generation ; John Wiley & sons 2010) – ISBN : 978-2-7440-6487-6

Business Model Nouvelle Génération: Une Guide Pour Visionnaires, Révolutionnaires Et Challengers


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Scrum Beer de Septembre

C’est la rentrée pour tout le monde, le SUG ne fait pas exception ! Nous nous sommes retrouvés au Café Livre : sur les 60 inscrits, 10 sont finalement venus. Qu’importe : les personnes présentes sont les bonnes personnes !

Scrum Beer de Septembre

Si vous ne connaissez pas le Café Livre, regardez simplement les photos : les murs sont littéralement couverts de livres ! On y trouve même celui d’Antonio Goncalves sur J2EE !

Scrum Beer de Septembre

Vous voulez un compte-rendu de cette soirée ? Eh bien, je ne l’ai jamais vraiment fait jusqu’ici et apparemment je ne vais commencer aujourd’hui. Il fallait venir !

Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié les échanges sur les fondements de ce que nous cherchons à faire. C’est pour cela que je viens aux Scrum Beers, pour échanger avec des personnes qui e donnent à réfléchir.

Scrum Beer de Septembre

Calme et Cosy, un bon endroit pour commencer une année de Scrum.‘aurais l’occasion d’en reparler bientôt !

Agile Grenoble 2013

J’avais brièvement évoqué cet évènement cet été, pour vous suggérer de le noter dans vos agendas. Je serais présent cette année à la conférence où je présenterais un sujet. Teasing, teasing :

User stories, what else ?

Les users stories sont rapidement devenus la formulation convenue du besoin. Mais est-ce la seule ? Est-ce toujours la meilleure ? On dit que quand on a un marteau, tout ressemble à un clou. Notre communauté agile tend à ignorer ce qui vient d’ailleurs. Pourtant ce qu’on appelle l’ingénierie des exigences est un domaine riche de plusieurs décennies de connaissances et de techniques. Certaines peuvent être utilisées directement, d’autres doivent être adaptées ou peuvent servir d’inspiration.

Au cours de cette session, nous allons étudier ensemble plusieurs techniques et concepts du recueil des besoins et les regarder par le prisme de nos pratiques agiles. A l’aide d’exemples, nous verrons comment elles peuvent renforcer nos pratiques actuelles.

La conférence Agile Grenoble

Agile Grenoble existe 2008. C’est LA conférence incontournable sur l’agilité sur la région Rhone-Alpes et l’un des évènements majeurs consacré à l’agilité en France aux côtés d’Agile France et du Scrum Day (Je devrais sans doute ajouter Mix-IT, mais cet évènement n’est pas uniquement focalisé sur l’agilité). Avec 500 inscrits, elle se situe même devant les grandes manifestations Parisiennes en terme de fréquentation !

Zenika à la conférence

Zenika est fier de compter au nombre des sponsors de l’édition de cette année.

Mais il ne s’agit pas seulement de faire acte de présence, ce serait insuffisant.

Le leader en tant qu’hôte

En plus de ma session, Géry Derbier animera l’atelier “le leader en tant qu’hôte” auquel j’ai eu le plaisir de participer à Agile France cette année. En voici le teaser:

La métaphore du leader comme héros ne me satisfait bien évidemment pas. Celle du servant leadership ne me convient pas beaucoup plus d’autant que je l’ai rarement entendue traduite en français et je pense que dire à un exécutif qu’il doit devenir un serviteur est… source de résistance. Je propose d’explorer ensemble une métaphore ancienne proposée par Mark McKerkow, le leader en tant qu’hôte. Je propose d’étudier entre autres les aspects suivants : la notion d’hospitalité et le pouvoir de l’invitation, la co-création d’un moment comme une soirée ou une fête (en français hôte designe à la fois celui qui reçoit et l’invité), l’équilibre entre définir et participer, … Nous verrons ainsi comment utiliser, ou pas, cette métaphore dans la mise en oeuvre de l’agilité dans une organisation. Compte tenu du caractère co-créatif de la métaphore proposée tout le monde est concerné et bienvenu dans cette session.

See you soon !

Ce n’est d’ailleurs pas tout : Laurent Sarrazin présentera aussi une nouvelle session : Neurosciences pour transitions agiles. Une belle représentation du pôle agile de Zenika, donc.

Agile Grenoble 2013

Note de lecture : Succeeding with Open Source, par Bernard Golden

Note : 7 ; Quand le monde du développement organisé traditionnel rencontre le monde du développement communautaire.

Cet ouvrage traite de l’évaluation des prouits open source et de leur intégration au sein des systèmes d’information d’entreprise. Pour ce faire, l’auteur a développé une méthode d’évaluation (qu’il a appelé OSMM pour Open Source Maturity Model). Je dois dire que l’auteur m’a étonné, car venant de toute évidence d’un monde plus traditionnel, il n’essaye pas de comparer l’open source selon les canons des produits commerciaux. Au contraire, il apprécie leur qualité justement au regard de l’absence d’objectifs commerciaux qui amène ces développement à progresser d’avantage en terme de satisfaction des utilisateurs utôt qu’en terme d’attraction des clients potentiels qui entraine souvent une boulimie des fonctionalités qui se fait au détriement de la qualité. Au cours de ses périgrinations, l’auteur est devenu un fervent supporter de l’open source, tout e conservant un jugement serein, ce qui l’a entrainé à construire l’OSMM.

Le processus d’évaluation développé ici est bien adapté à l’open source, car il est simple. En effet, pourquoi développer un modèle compliqué, alors que celui-ci n’évitera pas l’évaluation technique ultérieure. En fait, ce processus a juste pour objet d’établir un « go / no go » basé sur des critères tels que achèvement du produit, disponibilité de support, de documentation et de formation, et de mettre ces informations en vis-à-vis du type d’utilisation que l’on désire en faire : expérimentation, production ou projet pilote. On ne reste pas dans la simple théorie, car chaque point développé est très concrètement illustré par l’évaluation d’un produit Open-source connu : JBoss. Il aurait certainement été intéressant d’y mettre en vis-à-vis un produit moins haut de game et moins abouti, bref plus dans la moyenne des produits open source disponibles, mais c’est très bien quand même.

J’ai bien aimé ce livre, sa simplicité et son pragmatisme. Le reproche le plus important que je lui ferai et de ne pas développer l’aspect communotaire (ou au moins l’évoquer), par lequel un utilisateur se doit quand il le peut, aider les autres par son expérience acquise. L’auteur a trop tendance à inciter les utilisateurs à se placer dans une position de pur consommateurs (pourqoi mutuliser les connaisances au sein de l’entreprise, alors que chaque utilisateur peut directement interroger (et donc poser plusieurs fois la même question) la mailing liste sans que cela ne coûte rien ? Ormis ce point, il est bien que ce livre participe à placer l’open source dans une optique d’utilisation d’entreprise et non plus comme des développements de hobystes.

succeeding-open-source

Référence complète : Succeeding with Open Source – Bernard Golden – Addison Wesley / IT series 2004 – ISBN: 0-321-26853-9

Succeeding with Open Source

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Note de lecture : Spring Batch in Action, par A. Cogoluègnes, T. Templier, G. Gregory & O. Bazoud

Note : 7 ; Une qualité de prose qui fait honneur à la « in action » series, mais une lecture un peu lourde au total.

Mon premier contact avec ce livre a été teinté d’appréhension : il compte pas moins de 440 pages hors annexes, ce qui me semble beaucoup, je le dis sans ambage ! Puisque l’on en est aux présentations : le volume est découpé en 14 chapitres, eux mêmes regroupés en 3 parties. Il faut en plus compter une vingtaine de pages d’annexes. Cela nous donne une moyenne d’une trentaine de pages par chapitre. C’est beaucoup à mon gré, mais consistent avec le standard de la « in action » series. A propos de cette série, Manning fait beaucoup d’effort pour maintenir une ligne éditoriale de bonne qualité qui permet d’être rarement déçu avec chacun des opus. Nous verrons que ce volume fait honneur à la série.

La première partie s’intitule « background » et regroupe les deux premiers chapitres pour un total de 50 pages. Le premier d’entre eux nous fait faire le tour du propriétaire. Non seulement on y comprends l’architecture logique (finalement, Spring Batch c’est un framework-ETL Java) mais on va jusqu’à faire une mini-application de traitement (lecture, traitement et écriture) avec la configuration Spring correspondante. Impressionnant pour un premier chapitre !

Le second chapitre rentre plus avant dans les concepts sous-jacents du framework : job, métadonnées du job, step, etc… Le but de ce chapitre est de nous donner les clés pour décomposer une spécification de traitement en étapes décomposées. Bon boulot, à nouveau.

La seconde partie « core spring batch » est de loin la plus imposante du livre. Elle compte 7 chapitres et 225 pages. C’est donc un mini-livre à elle toute seule. C’est d’ailleurs à mon avis le problème le plus important du livre, mais je reviendrais là-dessus plus tard ! Le chapitre 3 qui débute cette seconde partie nous immerge dans la configuration des batches. Plus clairement : comment s’articule la configuration Spring d’une application Spring Batch. Il y a 5 niveaux d’entités hiérarchiquement emboitées à configurer (sans compter le repository de jobs) et le chapitre passe par le menu la manière de configurer tout cela avec les attributs qui vont bien. C’est un poil lourd, mais bien écrit.

Le chapitre 5 explore en profondeur la manière de lancer (et arrêter) les jobs : en ligne de commande ou en planifiant de différentes manières. Le tout est bien illustré par des diagrammes de séquence, entre autre chose.

Avec le chapitre 5, on attaque réellement le développement de traitements Spring Batch, en débutant par les composants de lecture. Le sujet est largement balayé en largeur sur 40 pages, que ce soit sur des fichiers plat, du JSON, du XML ou de l’accès aux bases de données. Rien à dire sur la manière dont le sujet est abordé, mais c’est quand même un peu long quand ce que l’on souhaiterait, c’est arriver au bout du chemin pour voir ce que cela donne !

Le chapitre 6 aborde fort logiquement le composant d’écriture. Si les aspects de base (field extraction, formatage) sont fort logiquement abordés, là aussi le sujet est abordé en largeur, avec non seulement l’écriture sur fichier, mais la production de XML, de file sets et l’écriture en base de données. Mais on aborde aussi l’écriture en flux JMS et l’envoi de mails. Là aussi je trouve que cela fait beaucoup pour une première passe, et paradoxalement, certains de ces sous-sujets sont traités un peu rapidement !

Toujours dans la même veine, le chapitre 7  nous présente les composants de traitement. Les items processors de Spring Batch recèlent nombre de richesses et il me semble difficile de faire des impasses par rapport à ce qui figure dans le texte. La lecture du chapitre me laisse cependant un léger sentiment de confusion, mais rien de bien grave. Les excellentes illustrations graphiques ou en code permettent de toute façon de se raccrocher aux branches.

Le chapitre 8 compte à peine 30 pages, mais elles recèlent une expertise qu’il serait dommage de rater. Il s’agit de la conception des reprises sur erreur avec Spring Batch. Excellent !

Cette seconde partie s’achève avec le chapitre 9 qui couvre l’aspect transactionnel des batches. Le sujet est traité de manière solide et claire en 25 pages, que ce soit sur les erreurs à ne pas commettre, sur la portée des transactions et les différents niveaux de transaction disponible (job, chunk,…). Rien à redire.

La 3ème partie du livre est consacré aux « sujets avancés » et le premier chapitre de cette partie, le chapitre 10, dédie 25 pages au contrôle d’exécution. Partage de contexte, flux alternatifs et même externalisation des définitions de job sont parmi les sujets traités.

Avec le chapitre 11, on commence à toucher du lourd, à savoir l’intégration d’entreprise. Les auteurs évoquent d’abord les styles d’intégration d’un point de vue architecture logique. Il n’est pas étonnant qu’ils fassent référence aux Enterprise Integration Patterns de Gregor Hope ! D’un point de vue pratique, la quarantaine de pages de ce chapitre s’appuie sur 2 fondations : Spring Integration d’une part et Spring MVC pour illustrer une intégration http/ReST. Il est juste dommage que les 2 approches ne soient pas mieux abordées en séquence afin de rendre la prose plus claire.

Ce livre ne rate pas le, oh combien important, sujet du monitoring. Le chapitre 12 fait du bon boulot là-dessus, que ce soit pour décrire la structure BDD supportant cela, pour décrire l’intégration JMX ou même pour éclairer l’usage de l’outillage prêt à l’emploi de Spring batch à savoir Spring Batch Admin ou JConsole.

Le chapitre 13 est vraiment un sujet avancé car il traite de scaling. Un chapitre sur lequel il est possible de faire l’impasse en première lecture.

Ce n’est pas le cas du dernier chapitre qui aborde la problématique des tests. Il le fait à 3 niveaux : tests unitaires, tests d’intégration et tests fonctionnels. Ces 3 niveau s’appuient sur JUnit est sur des helpers fournis par Spring batch. Je ne suis pas convaincu par ce qui est proposé du côté tests fonctionnels, mais les 2 autres niveaux sont OK.

Spring Batch in action est une bonne surprise. Les auteurs ont fait globalement un très bon travail à rendre le propos clair et l’apprentissage progressif. L bouquin reste hélas un gros pavé. Mais le framework est aussi beaucoup plus riche que je ne l’avais pensé au début. Pour en rendre l’abord plus digeste, je pense que les auteurs auraient dû découper la seconde partie en 2 : en traitant d’abord d’un cas d’utilisation simple n’utilisant qu’un sous-ensemble de chacun des 3 types de composants, puis une seconde itération pour les autres cas de figure. Au final, le volume du livre aurait un peu augmenté mais cela aurait permis au lecteur de faire l’impasse sur une centaine de page en première lecture !

Ce livre s’adosse à la version 2.1 de Spring batch, il est donc toujours parfaitement d’actualité, mais une révision sera certainement nécessaire quand la version 3.0 sera en GA.

Spring Batch in Action

Référence complète : Spring Batch in Action – Arnaud Cogoluègnes, Thierry Templier, Gary Gregory & Olivier Bazoud – Manning 2012 – ISBN : 978 1 935182 95 5

Spring Batch in Action


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