MariaDB, plus fort que MySQL

On ne peut pas dire qu’Oracle se soit attiré la réputation d’une société ayant bien compris le modèle Open-Source. Parmi d’autres, MySQL en est une bonne illustration.

Ayant acquis la base Open Source par le biais de l’acquisition de Sun Microsystems, il me parait que le géant de la base de données a cherché avant tout à en faire un produit, plutôt qu’un projet open source. 3 éléments me confortent dans cette opinion :

  • Oracle seul décide de la roadmap MySQL
  • MySQL est positionné par l’éditeur en alternative à Microsoft SQL Server. Une stratégie perdante, car les produits ont un positionnement très différent.
  • Oracle verrouille les développements (patch ou fork) en ne releasant plus les cas de tests depuis plus d’un an !

La fondation MariaDB

Dès le rachat de Sun, le créateur de MySQL Michael “Monty” Widenius a créé le projet MariaDB. Comme il l’explique son but à l’origine était de conserver la communauté historique des développeurs du noyau MySQL, noyau qui était en passe de disparaitre.

J’avoue que bien que ce fork ait maintenant plus de 3 ans, il a échappé à mon radar. Pas seulement au mien visiblement, car il semble que son existence fut jusqu’à une date récente assez discrète. Il aura fallu la création de la fondation MariaDB pour booster sa visibilité.

Aujourd’hui MariaDB offre une alternative à MySQL

  • Compatible au niveau binaire
  • Offrant de nouvelles fonctionnalités marquantes.
  • Plus active que la base historique sur le volet des bus fixes.

MySQL semble avoir un peu perdu de vue sa nature première : non pas une base de données, mais un conteneur de moteur de bases de données. Tandis que MySQL vogue avec ses vieillissants MyISAM et Innodb, MariaDB nous propose de nouveaux engines: Aria, XTraDB (une évolution d’InnoDB), FederatedX (un engins utilisant d’autres SGBD en back-end), OQGRAPH (un moteur optimisé pour gérer les hiérarchies et les graphes) et SphinxSE.

Google à la rescousse

La communauté open source n’est pas la seule à s’inquiéter de la mainmise d’Oracle sur MySQL. Des sociétés de taille respectables pour lesquelles MySQL est une brique importante ont eu la même démarche.

L’annonce la plus marquante est sans aucun doute celle de Google annonçant un support au projet. Concrètement il s’agit d’y consacrer un développeur. Par rapport aux moyens dont dispose le géant du Web et l’importance structurelle de MySQL dans ses infrastructures, cela parait anecdotique, mais le message est là. D’après Widemius, d’autres société sont prêtes à aller dans le même sens, mais on n’a pas de noms…

Une alternative encore verte

Pour assoir une emprise sur le marché, il faut un packaging de bonne qualité. La fondation MariaDB propose des packaging prêts à l’emploi pour les plateformes Linux (Red Hat, Fedora, Debian, Ubuntu…) et Windows.

Mais point de distribution Mac ! Il faut passer par Homebrew avec compilation des sources et quelques petites manipulations … Ca ne va pas tout seul, autant le dire. Bref, ça va en rebuter quelques un. La fondation MariaDB explique que cette absence est due à leurs moyens limités.

Autre point faible : la documentation. Bon, elle existe, toutefois. Mais elle n’est pas vraiment au niveau. Pas de vrai autorail et les informations d’installations et de configurations sont assez éparses. Dans l’ensemble, les informations sont rassemblées sur le site ask monty. Bref, il y a encore à faire.

Côté bouquins, j’ai trouvé 2 titres sur MariaDB. Rien à voir avec la pléthore de livres sur MySQL.

Y aller ou pas ?

Aujourd’hui, je ne conseillerais à personne d’aller volontairement vers du MySQL, à moins que ce choix soit subordonné à un autre. Nombreux sont en effet les projets pour lesquels MySQL est sinon le choix par défaut, du moins un choix “pré-packagé”.

D’un autre côté, des distributions Linux commencent à venir avec MariaDB comme base par défaut en lieu et place de MySQL. De plus, il y a la “compatibilité binaire” revendiquée par MariaDB. Mais celle-ci doit encore se vérifier de contexte en contexte.

Côté Java, à priori MariaDB est toujours compatible avec le connecteur JDBC de MySQL. Mais il existe aussi un connecteur JDBC natif Maria DB.

La situation pour les autres langages est moins claire. Il existe bien un connecteur C dans ce qui est produit par la fondation, mais pour Python, Perl, etc… Il faut à priori utiliser les utilitaires gravitant autour de MySQL et faire des essais. Si l’on va faire un tour du côté de Stackoverflow, on voit que les choses ne sont pas si simples.

La tendance actuelle est un passage vers PostgreSQL (). Cette base est mieux qu’une alternative et est de plus en plus privilégiée à MySQL, non comme solution de replis mais en tant que solution techniquement meilleure.

Il me semble cependant qu’au vu de la roadmap déjà réalisée par MariaDB et de celle à venir, que cette alternative mérite considération, malgré les faiblesses dont il est fait mention.

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