Lean Startup Conférence 2012

Lean Startup France nous invitait ce lundi 3 décembre à assister à la Lean Startup conference en livestream. Celle-ci se tenait à San Francisco, rendez-vous était donc pris à 17h30 afin d’assister aux premières conférences du matin, avec le décalage horaire.

Welcome at the Lean Startup Conference

L’Epita nous accueillait pour cette occasion pour ce qui s’annonçait être une longue nuit, la fin étant prévue au-delà de 2h00 du matin. Quoi qu’il en soit, les conditions de reception et de projection du livestream étaient très bonnes et à défaut d’un confort exemplaire, l’amphi mis à notre disposition nous donnait de parfaites conditions pour assister à l’évènement à distance.

Des deux jours de la conférence, seule la première était diffusée, car elle regroupait l’ensemble des sessions de présentations. La seconde journée étant consacrée aux workshops, leur diffusion aurait été sans intérêt. Beaucoup d’inscrits mais beaucoup moins de courageux à être venus ce soir là. OK, la photo ne rend pas justice, car tout le monde n’aitait pas encore arrivé, mais quand même…

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Pire encore, l’assistance s’est clairsemée au fur et à mesure des présentations de la matinée, à tel point que nous n’étions plus qu’une poignée arrivée l’interruption du midi. Nous avons donc mis fin à la retransmission après les premières prises de parole de l’après-midi, vers minuit et demi !

La conférence

Eric Ries, l’auteur du livre éponyme, était bien sûr le maître de cérémonie de cette conférence. Le format retenu consistait en de courtes interventions de 15 minutes. Donc nécéssité d’être efficace de la part des orateurs. Le but avoué était de donner “le plus de contenu possible en une journée” à en avoir mal à la tête !

Et hop ! C’est parti !

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3 interventions ont retenu mon attention. Les autres m’ayant moins marqué. Commençons donc par ces quelques “autres” !

Todd Park

Todd Park est CTO … à la maison blanche ! Le point qui a retenu mon attention dans son intervention concerne l’Open Data. L’Open Data a créé sa propre activité économique, générant 100 milliards de dollars, simplement en rendant accessibles des données publiques, sans qu’il soit nécessaire d’emettre de nouvelles règlementations ou mesures incitatives !

Dans cette même voie, Todd Park évoque Blue Button for America, un autre projet lié à l’Open Data, destiné à permettre aux citoyens d’avoir accès à leur propres informations de santé.

Diane Tavenner

Est-il possible de mener en Lean Startup un projet lié à l’éducation ? Les projets liés à l’éducation tendent à avoir des cycles de développement très longs, de l’ordre de 8 ans ! En menant un tel projet de manière itérative en “lean startup”, Diane Tavenner a pu constater plus de progrès en 14 itérations d’une semaine qu’en 10 ans ! Ici le but était d’améliorer l’enseignement des mathématiques. Quelques points clés:

  • MVP : enlever de l’expérimentation tout ce qui ne contribue pas à ce que l’on souhaite mesurer.
  • Choisir ses métriques. Ce ne doivent pas être des “métriques de vanité”. Ici 2 aspects rentraient en ligne de compte:
  • Les enfants devaient montrer qu’ils avaient appris quelque chose. Une grande rigueur était requise ici: il devaevait s’agir de choses qu’ils avainet appris par eux-même.
  • Les enfants devaient montrer qu’ils prenanient leurs propres décisions.

A chaque itération, il fallait expériementer une nouvelle hypothèse : la plupart des changements opérés avaient un impact nul sur l’apprentissage des enfants (ni positif, ni négatif) !

Et aussi…

En entretien avec Eric Ries, Tereza Nemessanyi évoque le problème de la prise en compte de l’innovation dans l’évaluation des startups. En effet, elle arrive à la conclusion qu’en évaluant les startups sur la base du pitch, les VCs ont créé le problème ! La question fondamentale est donc de pouvoir mettre en évidence les progrès, alors que la plupart des actions que nous mettons en oeuvre ont en fait aucun impact côté clients !

Beth Comstock, également dans un entretien avec Eric Ries a évoqué le cas des intrapreneurs. Les entrepreneurs ne sont pas seulement ceux qui fondent des sociétés, ils se trouvent partout y compris au sein de grands groupes comme General Electric. Ce sont des gens passionnés, prêts à prendre des risques. Développer ces initiatives au sein de grandes structures se fait en isolant ces projets du mainstream" et aussi en se servant des atouts que ces grands groupes ont à leur disposition : ressources, laboratoires de recherche, etc…

Jessica Scorpio était le moment fleuri de la matinée…

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Même si visiblement le régime alimentaire “type startup” à base de hamburger a déjà commencé ses ravages.

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Jessica a évoqué l’importance de la validation des idées leur de leur développement, un point tout à fait important pour développer Get Around, une startup permettant le partage de véhicules et dont la mise en oeuvre a débuté sur un campus universitaire. Comme Facebook, quoi.

Danny Kim est un passionné de la construction de voitures (et en fait dans la construction d’à peu près n’importe quoi) et dont le but était de créer un voiture de ville munie de 2 roues et dont la stabilité est assurée par un gyroscope. Une aventure compliquée comme il l’explique lui-même : construire une voiture est déjà difficile, devenir constructeur automobile est beaucoup plus difficile et devenir constructeur de masse est carrément de la folie ! Danny a travaillé son MVP en construisant un prototype utilisable à l’échelle, en l’adaptant via le feedback, puis en prenant des pré-commandes : il a atteint 15,7 % de pré-commandes par rapport aux personnes ayant essayé son véhicule !

Lane Halley, designer chez Carbon Five, a évoqué le travail collaboratif entre designer et développer et l’importance du prototypage visuel rapide et matérialisable. Ses outils de travail sont alors les ébauches papier simplistes, les maquettes d’écrans à base paper board et de post-it, les “low-fi wireframes” et les innovation games. L’utilisation de ces outils a pour but de faire travailler ensemble et de manière collaborative deux corps de métiers très différents.

Matt Brezina a évoqué le développement d’applications mobiles. Quelques points principaux qui m’ont marqué:

  • L’utilisation préférentielle de la plateforme Android (plutôt que l’iOS) car l mise en ligne est bien plus rapide et donc le feedback l’est aussi.
  • La structure de l’équipe reflète la stratégie de l’architecture. En l’occurrence ici: la production d’APIs “internes” et d’API “externes”. Cette seconde équipe s’appuyant sur la première.

Evan Henshaw-Plath, Sam McAfee et Melissa Sedano ont abordé le Lean Startup du côté des développeurs: comment cette approche est ou doit être perçue. L’approche du développement en Lean Startup est extrêmement lié au développement agile (d’où mon intérêt premier pour Lean Startup). L’approche la plus en vogue est l’extreme programming, celle qui avait le vent en poupe entre 2000 et 2005 avant d’être éclipsé par Scrum. Le point qui a retenu mon attention, c’est qu’il est difficile pour un développeur de produire un code embarrassant. Mais il faut s’y résoudre, car une grande partie de ce code sera de toute façon jetée !

Jocelyn Wyatt nous a présenté un sujet dans la lignée de celui de Diane Tavenner : Lean Startup dans une ONG ! Le problème que Jocelyn nous expose est celui de l’amélioration des conditions sanitaires dans les bas quartiers de la capitale. En interant, l’ONG est parvenu d’abord à réaliser des toilettes portatives adaptées (équation coût / simplicité / adaptation culturelle) puis à adapter l’usage. Ainsi, alors que les familles se disaient intéressées par un service payant de collecte des toilettes (quand on est pauvre, chaque denier compte), après expérimentation les avis ont été différents. Même pauvre, passer devant ses voisins avec ses seaux d’excréments, c’est quand même la honte !

Adam Goldstein a mis l’accent sur l’importance du contact direct pour collecter des informations sur ce qu’ils aiment ou non. Le contact mail ne marche pas, personne ne veut s’embêter avec cela. Adam a mis en place dans son application une “crazy blue bar” permettant de contacter une personne de la société (Adam lui-même la plupart du temps). Si la chose est contraignante et dévore énormément de temps, elle en fait gagner bien plus en permettant d’orienter plus vite le service en fonction de ce que les gens aiment ou non.

Nikhil Arora et Alejandro Velez ont centré leur présentation sur la création d’un business … en ignorant les statistiques de ventes. Si le sujet de la présentation ne m’a pas passionné en tant que tel, il en est autrement des idées maîtresses de leur startup : faire un business éthique en recyclant des déchets (du mare de café essentiellement) pour faire pousser des champignons et inciter les gens à rendre la nourriture “personnelle à nouveau”.

Stephanie Hay nous a servi une présentation assez dense sur l’approcha marketing pour les startups : comment trouver ses mots afin d’être choisis par ses clients. L’un des points que j’ai retenu, c’est la recherche du “ah ah !” corporel lors du pitch. Mais ce qui se passe après la signature du client est aussi important : savoir pourquoi le client a souscrit au service. Ce n’est peut-être pas pour ce que vous croyez… Enfin, Stephanie conclut par “be proud of what réal !”. Je vous invite vivement à voir sa présentation.

Et maintenant, les 3 présentations qui ont attiré mon attention.

Tendai Charasika

Le “get out of the building” n’est pas à proprement parler une découverte du Lean Startup, mais c’est un élément important de la démarche. Avoir le plus tôt possible un feedback de terrain permet de confirmer une hypothèse ou de réorienter l’effort.

Tout d’abord, pourquoi ne pas le faire ? Essentiellement, il y a 3 raisons majeures:

  • C’est inconfortable
  • La peur du rejet
  • Ne simplement pas savoir comment aller chercher le feedback sur le terrain.

L’orateur nous propose une tactique en 10 points pour sortir du bureau. Plutôt que de les citer “in extenso”, je préfère vous proposer un lien vers cet article présentant mieux que je ne saurais le faire le propos de Tendai Charasika.Vous pourrez également vous référer à sa présentation

Justin Wilcox

Faisons un petit saut dans le temps pour nous interesser à Justin Wilcox ou comment tester son MVP avec le crowdfunding.

La chose la plus marquante de sa présentation est certainement la façon dont il nous a apostrophé au départ : votre startup n’est pas un business, c’est un hobby ! Il faut donc se focaliser sur le passage du hobby vers le business puis vers le produit.

Kickstarter permet de passer du business vers le produit et de financer celui-ci lorsque l’on veut développer son business.

Mais qu’en est-il du passage du hobby vers le business ? Comment valider son idée avant même de construire quelque chose ? Selfstarter est une plateforme qui permet d’évaluer le taux de conversion avant même de construire quelque chose, ce que Justing Wilcox promeut sous le nom de crowdtesting. Grâce au crowdtesting, on peut savoir si notre idée est un business avant même de d’implémenter celle-ci !

Steve Blank

C’était la présentation superstar de la matinée, aussi bien sur la forme que sur le fond. Steve Blank n’est bien sûr pas un inconnu, c’est un VC connu et reconnu dans le milieu !

J’ai retenu 2 points essentiels sur cette présentation.

L’entreprenariat ne peut être enseigné à ceux qui font acte de volontariat. Mais on peut enseigner “API de l’entreprendrait” :

  • Le Business Model Canvas
  • Le développement client, stigmatisé par le “get out of the building” pour tester la pertinence de ses idées.
  • Une ingénierie de développement agile, avec XP.

Le second point, et celui qui a retenu réellement mon attention est le modèle Customer vs Service que propose Steve Blank. Celui se décline de part et d’autre sur 3 axes :

  • Quel travail le client cherche-t-il à accomplir ?
  • Quelle souffrance souhaiterait-il voir adressée ?
  • Quels gains sont espérés ?

Pour terminer, Steve Blank évoque une initiative à laquelle il participe : Startup Weekend Next () qui prend la suite du “Lean Launchpad”. Le but est de procurer un enseignement pratique sur 4 semaines, destiné aux entrepreneurs afin de donner naissance à 10000 startups à travers le monde !

J’ai aussi malheureusement raté…

Eh bien oui, comme je n’ai pas assisté aux présentations de l’après-midi, j’en ai raté plein. Celles pour lesquelles je me mors le plus les doigts :

  • Ash Maurya
  • Scott Cook
  • Marc Andreesen

Mais on devrait trouver les vidéos en ligne très bientôt.

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