Note de lecture : Secure by Design, par Dan Bergh Johnsson, Daniel Deogun & Daniel Sawano

Note : 6 ; Où il apparait que l’on parle plus de DDD que de sécurité, mais que les deux parviennent à être indissociables…

J’avais initialement classé cet ouvrage dans ma (très pauvre) section « sécurité ». Il m’est très vite apparu que ce n’était pas sa place. C’est bien de conception dont va nous parler cet ouvrage, et même de DDD en grande partie. C’est donc un cocktail assez inhabituel et intéressant, au sens positif.

L’objet n’est pas léger, avec ses 360 pages. Nous verrons que ce n’est pas son meilleur aspect, hélas. Le tout compte 14 chapitres divisés en 3 parties. La première s’intitule sobrement introduction et contient les deux premiers chapitres, soit 45 pages. « Why design matters for security ? » est le chapitre qui ouvre le bal. L’approche évoquée par ce livre est la sécurité de l’intérieur, au niveau du code lui-même, un propos que les auteurs illustrent fort bien avec quelques histoires, que ce soit avec une histoire de braquage de banque avec le « billion Lauga » torché en 2 coups de cuiller à XML. Un chapitre très plaisant. Le second chapitre est un interlude pour nous illustrer les conséquences d’une modélisation un peu légère, ou comment obtenir un livre gratuit en commandant dans le même panier un « Hamlet » et… un « anti-Hamlet ». Une histoire hélas inspirée d’un fait réel.

La seconde partie « fondamentaux » couvre la majeure partie de l’ouvrage, avec 9 chapitres sur près de 250 pages. J’ai dit que le DDD était une pierre angulaire de l’approche, le chapitre 3 qui ouvre cette partie est une introduction au sujet. C’est bien écrit, mais un peu verbeux, car il faut compter 37 pages. Ne ratez pas l’explication du « tomber pour tourner » sur les virages pris à vélo ! Au sein du DDD, ce sont surtout les value objects qui retienne l’attention des auteurs. En l’occurrence deux aspects qui leur sont rattachés : construire des value objects immutables (bonjour Scala) et le « fail fast », c’est-à-dire des objets rejetés à la construction s’ils ne satisfont pas les conditions d’entrée (bonjour Bertrand Meyer). Ce chapitre est l’un des points forts du livre. Le chapitre 5 va un cran plus loin, avec les « domain primitives » qui sont un sur-ensemble des value objects. On voit ici comment construire ces primitives de manière sécure, en s’appuyant entre autres sur les invariants. Moins fort que le chapitre précédent, le texte reste quand même intéressant.

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Note de lecture : Java by Comparison, par Simon Harrer, Jörg Lenhard & Linus Dietz

Note : 6 ; Craftsmanship, niveau junior

Le code de qualité, il faut bien commencer à l’écrire un jour. Et ce jour, ce peut être sur les bancs de l’université. C’est ce qui a motivé en premier lieu l’écriture de ce texte. Contrairement aux classiques du Craftsmanship qui s’adressent au développeur aguerri, celui-ci s’adresse au débutant et la progression des chapitres reflète cela.

C’est un texte assez court, qui n’excède pas 165 pages et compte 9 chapitres au long desquels sont distillés 70 exemples, toujours présentés de la même façon : une page avec le code « avant » auquel fait face le code « après » sur la page en vis-à-vis, agrémenté de quelques explications, mais le tout contenu dans ces deux pages. Le premier chapitre adresse des basiques de clarté du code, sur une vingtaine de pages, soit 8 exemples, qui vont des formulations booléennes à la notion de symétrie du code. Tout cela reste très simple, mais nécessaire à couvrir pour le débutant. On remarquera toutefois une approche « opiniated » qui persistera tout au long du livre, mais cela me semble normal.

On passe la seconde avec le second chapitre. Cela continue sur des questions de clarté, par exemple avec les énumérations, mais aussi de code sain, notamment à propos des itérations. Tout ceci est couvert en 8 exemples également. Alerte maximum pour le chapitre 3 dédié aux commentaires ! Ce sont même 10 exemples qui figurent ici. Mais, oh soulagement, les 4 premiers nous suggèrent d’éliminer les commentaires redondants. Finalement on fait dans le bon sens.

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Note de lecture : Software Design X-Rays, par Adam Tornhill

Note : 5 ; De la difficulté d’écrire une suite à un livre qui sort du lot !

C’est vrai, « Your code as a crime scene » m’avait laissé pantois : utiliser le gestionnaire de version comme une machine à remonter dans le temps (ce qu’il est, en fait) nous avait fait découvrir de nouvelles façons de regarder le code, d’en tirer des informations et des enseignements. Ce volume se veut le prolongement de cette nouvelle manière de penser. Malheureusement, comme nous allons le voir, il tombe un peu court pour cela.

Le succès du volume précédant a donné un petit extra à cet opus-ci : il est imprimé en couleur. De fait, ses 210 pages (hors annexes) contiennent moult illustrations. La structure du livre compte 10 chapitres également répartis sur deux parties. La première d’entre-elle s’intitule « prioritize and react to technical debt » et couvre environ 90 pages. Elle s’ouvre sur un premier chapitre d’une douzaine de pages pour nous expliquer pourquoi la dette technique n’est en fait pas technique ! Le propos de l’auteur est de nous amener à comprendre que la dette technique est en fait de la dette organisationnelle et qu’il est nécessaire de se focaliser sur les parties de code qui ont le plus fort « taux d’intérêt ». L’idée est intéressante, mais le propos est loin d’être direct et bien que j’adhère au propos, je suis loin ici de la révélation.

Justement, le second chapitre nous conduit vers la notion de code à fort taux d’intérêt. Il nous en coûtera une vingtaine de pages. Cette notion, l’auteur la calcule en combinant la fréquence de changement avec la complexité du code. Certes le chapitre développe un peu cela, mais je n’y trouve rien d’extraordinaire. Le chapitre 3 développe une notion déjà abordée dans le livre précédant : les « co-changing files », ou couplages temporels entre fichiers n’ayant pas de dépendances ! Si l’auteur s’étend plus sur les causes et remèdes, je n’y trouve pas non plus d’effet de découverte.

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Note de lecture : Reinventing Organizations, par Frédéric Laloux

Note : 8 ; Riche et passionnant (malgré des répétitions), mais un peu trop « Hare Krishna » pour moi…

Difficile d’échapper au monument de Frédéric Laloux quand on parle d’entreprises libérées. Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de recherches de la part de l’auteur. C’est ainsi qu’il a imaginé un modèle de stades évolutifs des entreprises allant du rouge (et même de l’infra-rouge) à opale. Le texte analyse, en s’appuyant sur de nombreux exemples, le passage entre ces différents stades évolutifs. Mais c’est surtout le dernier stade évolutif, opale, qui retient l’attention de l’auteur à partie de la seconde partie de l’ouvrage.

Le texte en lui-même est assez conséquent : il compte plus de 450 pages structurées en 3 parties totalisant 15 chapitres. A cela, il faut ajouter une solide introduction sur les origines du livre et les recherches qui l’ont soutenu et 4 annexes. La première partie est dévolue au passage des différents stades évolutifs. 65 pages lui sont consacré sur 3 chapitres. Le premier chapitre s’attache aux progressions entre stades évolutifs depuis le stade infra-rouge (réactif) au stade vert (pluraliste). Pour définir ces différents stades, c’est sur les paliers d’évolution des sociétés humaines que s’est appuyé l’auteur. Un parallèle tout à fait intéressant qui aide à appréhender ces paliers.

Le second chapitre est plus court et se focalise sur les passages entre stades. Des passages qui sont autant de ruptures et même de crises. Le facteur déterminant des passages de ces ruptures, c’est le dirigeant, sa capacité, sa volonté et souvent son courage de décider de faire autrement en faisant un pas vers l’inconnu. Le dernier chapitre de cette première partie est dédié aux organisations opales. Cela commence légèrement à sentir la consommation de substances prohibées quand l’auteur parle de « sagesse au-delà du rationnel » et de « quête de soi ». Mais intéressant quand même.

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Note de lecture : Leadership sans égo, par Bob Davids, Isaac Getz & Brian M. Carney

Note : 5 ; L’entreprise libérée colorée à la pensée capitaliste.

Tout d’abord, deux mots des auteurs. Le teneur principal des propos, c’est Bob Davids. Il apparait dans « Liberté & Cie » car il est le fondateur de Sea Smoke évoqué dans l’ouvrage. Bob Davids n’est toutefois pas l’un des rédacteurs, ses propos sont issus de plus de 100 heures d’interviews avec Isaac Getz et Brian Carney.

Ce livre est un abécédaire. C’est un format peu conventionnel, mais nous l’avons déjà rencontré : c’est le format qu’avait adopté Robert Townsend dans « au-delà du management » (Up the organization). De fait, Bob Davids est un disciple de ce dernier. Robert Townsend était même chairman du conseil d’administration de son avant-dernière entreprise, Radica, qi’il avait implanté en Chine. D’ailleurs, bien qu’il ait été aux commandes de 5 entreprises durant sa carrière (Bob Davids est maintenant à la retraite, aux Bahamas), ce sont uniquement les deux dernières, Sea Smoke et Radica dont il est question. Occasionnellement, il reviendra sur les premières heures de son parcours professionnel où il fut Designer industriel, notamment chez Général Motors.

Il n’y a pas de chapitres à ce livre, je vais donc me contenter de picorer quelques réflexions au long de cet abécédaire. Tout d’abord, l’entrée « Café » où il met en exergue deux axes forts : être respecté et faire preuve d’équité. Ce dernier point est souvent en tension avec le désir d’être aimé, mais Bob Davids troque « aimé » contre « équité ».

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Note de lecture : Host Leadership, par Géry Derbier & Laurent Sarrazin

Note : 5 ; Un style plus “coach” que captivant.

Ce petit livre en français se veut le complément (mais pas le remplaçant) du texte de Mark McKergow. Petit il l’est avec ses 139 pages sur 12 chapitres (hors annexes). Le fil du livre entrelace deux contenus. Le premier est narratif et s’appuie sur l’histoire d’une invitation à une randonnée dans le beaujolais par Emmanuel. Le second fil nous est proposé par les auteurs sur un thème plus pratique, en mode coaching.
Pratique, l’ouvrage l’est par les nombreuses sollicitations sous forme de questions et les exercices pratiques qui viennent ponctuer la lecture. La formulation en « mode coaching » rend de mon point de vue la lecture moins agréable que s’il s’était agi d’une conversation plus intime avec le lecteur. Mais la substance est là.

Le volet narratif nous réserve des remarques intéressantes sur le vécu de la posture d’hôte. Toutefois l’illustration par la randonnée dans le beaujolais est trop allégorique pour moi. Le Host Leadership est déjà une métaphore. J’aurais aimé que le texte nous illustre plus clairement comment cela prend forme dans le cadre professionnel. Certes, cela est évoqué dans la partie « pour managers et équipe », mais il est dommage d’attendre la page 93 pour obtenir l’illustration pour laquelle nous sommes venus…

La grande qualité du livre réside dans l’efficacité de son propos : chacun des 6 rôles et des 4 places sont décrites chacun en quelques pages. Un bon point pour la section « les mouvements » qui nous permet bien d’identifier pour chacun des 6 rôles les interventions et les mises en retrait. Par contre je suis moins fan des sections « #pausezvous ». Elles n’ont pas à l’écrit le même impact qu’en coaching live, je trouve.

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