Note de lecture : Neo4J in Action, par Aleksa Vukotic & Nicki Watt

Note : 4 ; Un niveau « pratique » qui n’est pas à la hauteur de la série « in action » de Manning…

J’aime beaucoup Neo4J. C’est la base NoSQL la plus ludique que je connaisse. Il lui fallait réellement un livre dédié à sa mise en œuvre, qui donne les clés pour l’intégrer dans des solutions applicatives en répondant aux nombreuses petites questions que l’on se pose chemin faisant. C’est très naturellement que j’ai pensé que ce volume serait celui-ci. Ce fut une déception, hélas.

Neo4J in Action, ce sont 250 pages sur 11 chapitres regroupés en 3 parties. La première d’entre-elles est qualifiée d’introduction et compte 80 pages, comprenant 5 des chapitres. Au premier d’entre-eux, a case for Neo4J database, les auteurs nous y expliquent l’utilité d’une base orientée graphe. On ne parle même pas de Neo4J. L’idée est bonne, mais l’execution plutôt imparfaite, le texte se noie parfois dans des détails et pimente les explications de caractéristiques de Neo4J. Il aurait été préférable de se focaliser uniquement sur le paradigme sous-jacent de Neo4J.

Au second chapitre, on attaque sur une douzaine de de pages la question de la modélisation des données : là aussi un peu de mélange des genres, avec du Cypher (heureusement, je le connaissais un peu avant) mélangé à cela. J’aurais volontiers regroupé les chapitres 1 et 2 en les débarrassant des hors sujets et des détails techniques !

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Note de lecture : The Lean Mindset, par Mary Poppendieck & Tom Poppendieck avec Henrik Kniberg

Note : 7 ; La pensée Lean, ou comment se focaliser sur les choses importantes, au-delà du « Lean Software Development ».

« Nous avons écrit 3 livres à propos du développement logiciel, mais nous ne pouvions en écrire un 4ème, car l’ile du développement logiciel a largement disparu. », c’est ainsi que se termine ce volume. Un texte qui ne s’inscrit dans pas dans la continuité des autres ouvrages des Poppendieck. Il est de loin mon préféré, il dirige résolument vers une pensée « produit ».

Le texte est court, il est expédié en un peu plus de 160 pages sur 5 chapitres et une épilogue. Après une introduction pour camper les notions de « lean mindset », de « fast pace thinking » (représenté par Oto) et de « slow pace thinking » (il s’agit d’Anna) qui nous viennent tout droit de kahneman, on attaque les 38 pages du chapitre 1 « the purpose of business ». Les questions qui y sont adressés sont d’ordre organisationnelles : quelle est la finalité de l’organisation ? Penser qu’il s’agit de maximiser la valeur de l’action est un leurre ou un effet de second degrés, alors que ce qui compte est ce qui mobilise les forces vives de l’entreprise.

Le second chapitre est consacré justement aux facteurs mobilisant les forces vives de l’entreprise. Le sujet couvre 30 pages et introduit également le Lean Product Development. Il ne s’agit pas seulement de motivation intrinsèque, mais d’aider les personnes à grandir, favoriser l’apprentissage. Ce sont des aspects que le Lean revendique mais qui sont rarement bien développés. Il y est aussi question d’intuition et de biais cognitifs, ce qui nous ramène encore à Khaneman.

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Note de lecture : Liberté & Cie, par Isaac Getz & Brian M. Carney

Note : 9 ; Les nouveaux horizons de l’entreprise de demain : celle qui passe de la culture du « comment » à celle du « pourquoi ». Une lecture indispensable !

J’avais déjà beaucoup entendu parler de ce livre avant même de l’ouvrir, il nous interpelle sur la possibilité de faire vivre une entreprise « autrement ». Cet ouvrage est aussi le fruit d’un véritable travail de recherche et d’enquête, où les auteurs ont recherché, analysé et interviewé dirigeants et salariés de ces entreprises « libérées ». Les entreprises sur lesquelles le texte met l’accent sont situées en France, aux Etats-Unis, en Suède… En fait elles sont plus nombreuses que celles évoquées dans le texte, mais il n’aurait pas été possible de les exposer toutes correctement dans un ouvrage.

Ce qui caractérise toutes ces entreprises est au départ une impulsion du chef d’entreprise, une volonté de faire cesser la culture du « comment » pour passer à celle du « pourquoi », de donner la lattitude aux salariés de prendre toutes les décisions et les initiatives nécessaires à l’execution de leur travail, en retirant de la chaine le management « commande & contrôle », y compris le chef d’entreprse lui-même. Ce dernier devient alors le gardien de la vision et de la culture. Un rôle moins simple qu’il n’y paraît, sans compter la difficulté de ne pas interférer !

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Note de lecture : Eclipse, par Steve Holzner

Note: 4 ; Un livre de commande, ni bon ni mauvais, mais qui date un peu!

Je profite de la période de noël pour vous asséner l’une de mes petites notes de lecture archéologiques ! Celle-ci date d’une bonne douzaine d’années, ne vous plaignez pas j’en ai de bien plus anciennes. Et que diable, il faut bien que je refourgue mes fonds de tiroir !

Il n’y a pas à dire : depuis quelques années, O’Reilly a perdu de sa superbe. Autrefois incontournables sur leurs sujets, nombre des titres de l’éditeur sont là pour occuper le terrain. C’est le cas de ce titre. De toute évidence, ce titre comble un trou dans le catalogue de l’éditeur. Mais voyons de quoi nous parlons.

Le livre est globalement divisé en 2 parties. La première présente l’IDE Java, tandis que la seconde expose le développement d’applications Java classiques, Web et plugins. La première partie est sans surprise, et l’on effectue le « tour du propriétaire » classique : fonctions de l’éditeur, debogage et profiling, réfactoring, gestion de projets avec Ant, gestion de versions avec CVS, etc… Le tout plus qu’abondamment illustrés de copies d’écran dont, si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’elles sont là pour faire du volume. Au moins l’approche est didactique et ne requiert pas vraiment d’effort de la part du lecteur. On regrettera que l’auteur ne prenne aucun parti pris sur l’organisation du travail, des workspaces, etc.. Il se contente d’exposer (bien que clairement) les fonctions disponibles. Pas très inventif, tout ça.

La seconde partie expose en grande partie des éléments que l’on trouve ailleurs : développement d’applets ( !) et d’IHM avec Swing, ainsi que le développement d’applications Web « classiques » en JSP/Servlet, mais sans plugins avancés. La seconde moitié de cette seconde partie est plus spécifique à Eclipse avec SWT et les plugins. J’en conclus que cet assemblage un peu large a pour objet de mettre entre les mains du lecteur un ouvrage « tout en un » où l’on trouvera de quoi démarrer sur la plupart des sujets courants en Java.

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Note de lecture : User Story Mapping, par Jeff Patton

Note : 9 ; Bien au-delà du story mapping, vers la découverte de la vraie nature des spécifications agiles en tant que compréhension partagée. Book of the year 2015 !

Jeff Patton est un vrai maître Jeidi de l’agilité : après avoir lu, ou plutôt dévoré son livre, je n’en ai plus aucun doute ! Mais si vous pensez lire « simplement » un ouvrage décrivant par le menu la technique développée par Jeff Patton, vous allez être surpris ! Car c’est bien plus que cela.

Le livre fait un peu plus de 260 pages en 18 chapitres. Je dis « un peu plus de 260 pages » car le corps principal du livre est précédé d’une introduction « read this first » qu’il ne faut rater sous aucun prétexte. On y parle « instructions » versus compréhension partagée, de comparer les (docs de) spécification à des cahiers de voyage, de l’importance de raconter des histoire et d’être frugal dans la construction tout en cherchant à maximiser l’impact plutôt que les fonctionnalités ! Bref, cette introduction à elle seule a la valeur d’un très bon livre. Et ce n’est pas fini !

Raconter des histoires, c’est le sujet du 1er chapitre où l’auteur introduit les story maps dans le but de raconter la grande histoire du système, d’avoir une « big picture ». Il le fait d’ailleurs en racontant une histoire, celle de Gary par qui les user stories sont arrivées ! D’ailleurs la totalité du livre est formée d’histoires. Et celles-ci sont illustrées de photographies des fresques (en couleur dans la version anglaise) que sont ces stories maps auxquelles l’auteur surimpose des explications sous forme de cartographie.

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Note de lecture : Agile and iterative development a manager’s guide, par Craig Larman

Note : 9 ; Eclairé et agréable à lire. Comme toujours, avec Larman…

Nous commençons à avoir l’habitude de la qualité des textes de Craig Larman. Celui-ci ne fait pas exception et est également témoin du virage de l’auteur vers les pratiques agiles. Dans cet ouvrage, Larman se focalise sur l’aspect gestion de projet, mettant l’emphase sur le cycle itératif et ses bénéfices, notamment par rapport au cycle en V. Il s’agit donc bien d’un ouvrage pour convaincre et faire prendre conscience du changement de paradigme qu’amène l’agilité. Le texte date de 8 ans, mais je pense qu’il reste tout à fait d’actualité, d’une part car il reste beaucoup de monde à convaincre, et d’autre part car il est à peu près seul sur son créneau, la plupart des livres dédiés à l’agilité se focalisent sur le « comment » plus que le « pourquoi ». Il serait plutôt à comparer à « Agile Software Development Ecosystem » de Jim Highsmith.

Cela dit, ce volume n’est pas un guide touristique. Ses 330 pages découpées en 12 chapitre en attestent. Je passe rapidement sur le premier chapitre qui ne compte que 6 pages : il fournit quelques généralités sur la logique de projet prédictifs à opposer avec le développement de nouveaux produits. Il fournit aussi nombre de liens dont beaucoup sont toujours actifs ! Le second chapitre traite sur une quinzaine de pages la logique des projets évolutifs et itératifs. C’est très abondamment illustré, extrêmement clair et chirurgical, dirais-je. Un plaisir !

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Note de lecture : The Back of the Napkin, par Dan Roam

Note : 7 ; Le grand classique de la résolution de problèmes par la visualisation

Cela faisait un moment que je tournais autour de ce grand classique. Il n’y a plus pour moi aucun doute sur la raison pour laquelle ce titre mérite sa réputation, et elle est grandement méritée. Par contre, il ne va pas être très facile de résumer cela ! Tout d’abord le livre lui-même est d’un format inhabituel (il est de format carré), et ses 256 pages se comparent difficilement à un format classique. Ceci sans compter les très nombreux dessins de l’auteur qui sont l’âme même du livre.

La dernière représentation de l’auteur, page 255, résume parfaitement la teneur du propos, c’est à dire l’articulation de la démarche proposée en 4 plans.

  • Tout d’abord les « basic visual thinking tools » : les yeux, les « yeux de l’esprit » et la coordination œil-main. Il n’y a pas de chapitre à proprement consacré à ce plan, mais il est abordé au chapitre 2, avec une vue générale du framework.
  • Les 4 étapes de la pensée visuelle : regarder, voir, imaginer et montrer. L’auteur décompose ce processus au chapitre 3, en s’appuyant sur une partie de Poker ! Un cheminement qui met en valeur les qualités pédagogiques de l’auteur.
  • Le SQVID. Il s’agit d’un « framework de visualisation », probablement la partie la plus délicate de l’ouvrage. Elle est abordée au chapitre 6. Celui-ci méritera (au moins) une seconde passe.
  • Les 6 façons de regarder, qui correspondent à 6 questions : Qui / quoi ? Combien ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Abordé au chapitre 5, ce framework que l’auteur présente comme le <6><6> rules est développé réellement au chapitre 7.

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