Note de lecture : Agile Retrospectives, Making good teams great, par Esther Derby & Diana Larsen

Note : 7 ; Des patterns pour les rétrospective

Le « project retrospectives » est incontestablement l’ouvrage phare sur les rétrospectives de projets. Hélas, cette approche en grand était fort peu adaptée aux simples rétrospectives d’itération, destinées à être menées en une heure ou deux. Ce titre couvre cet aspect, entre autres choses. Certaines des pratiques évoquées sont également adaptées aux rétrospectives de release, mais sans un focus particulier sur ce dernier point. Tout comme le livre de Norman Kerth, celui-ci est construit en une suite d’activités que l’on peut sélectionner judicieusement. En fait, ces activités sont même présentés sous forme de patterns regroupés en 5 rubriques (les chapitres 4 à 9) qui sont autant de phases de la rétrospective :

Activities to set the stage : 4 activités sont proposées afin de démarrer la rétrospective et accueillir les participants.

Activities to gather data : Cette phase permet de collecter des données chiffrées ou qualitatives sur l’itération passée. Ce ne sont pas moins de 8 activités différentes (et interchangeables) qui sont offertes pour aboutir à cette fin.

Activities to generate insights : 9 activités sont proposées ici afin d’élaborer causes et conséquences du déroulement de l’itération.

Activities to decide what to do : Une rétrospective qui n’aboutit pas à un plan d’action n’a que peu de valeur. Ce sont 4 activités qui sont proposées ici pour aboutir à cette fin.

Activities to close the retrospective : Les 5 activités proposées ici permettent de conclure la rétrospective.

Au-delà de ces phases, cet opuscule de 160 pages complète le paysage par quelques mots sur les rétrospectives de release et de projet, et un panorama de l’environnement nécessaire à la menée des rétrospectives.

Cet ouvrage propose incontestablement des outils pour les rétrospectives, hélas l’exposé de ceux-ci est parfois bien léger. Quelques pages (de 2 à 4) sont consacrés à la description, avec un format invariant : But, durée nécessaire, description, étapes, matériel et préparation et exemples. Justement, la partie « exemples » pourrait être plus développée afin de décrire l’activité de façon moins abstraite. De même, toutes les activités ne se combinent pas entre elles, et lister les activités en entrée possible aurait bien aidé !

L’utilité de ce livre est incontestable, il est hélas plus léger que ce que les auteurs auraient été capables de produire. Je suggère de toute façon de commencer par lire le livre de Norman Kerth, il permet de bien comprendre la notion de rétrospective. Ce livre est certes différent car s’adressant à un type de rétrospectives différent, mais il est plus pertinent en complément du premier.

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Référence complète : Agile Retrospectives, Making good teams great – Esther Derby & Diana Larsen – Pragmatic Bookshelf 2006 – ISBN : 0-9776166-4-9

Agile Retrospectives: Making Good Teams Great


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Note de lecture : Project Retrospectives, a handbook for team reviews, par Norman Kerth

Note : 8 ; De l’or en pages ! Book of the Year 2006 !

La plupart du temps, quand un auteur traite un sujet, et plus encore lorsqu’il s’agit d’un sujet touchant au consulting, si cet auteur nous livre son savoir, il garde souvent pour lui son savoir-faire. Rien de tel ici, Norman Kerth nous lâche tout : ses trucs, sa façon de vendre les rétrospectives, l’attitude qu’il adopte dans certaines situations, absolument tout !

La rétrospective est une étape méconnue (et souvent méprisée) de la vie du projet : elle permet de tirer les enseignements positifs comme négatifs, du déroulement de celui-ci. C’est grâce aux rétrospectives qu’une organisation peut réaliser une démarche d’amélioration de ses processus. Après un rapide chapitre introductif traitant du besoin de rétrospectives, le livre débute réellement par un chapitre consacré à une présentation générale des rétrospectives, à l’aide d’une étude de cas fictive. Celle-ci campe très bien le contexte et permet de comprendre la progression d’une rétrospective. Les trois chapitres suivants sont consacrés aux étapes préalables : la vente, les choix et la préparation de la rétrospective.

Le chapitre 6 est de loin le plus long de ce livre, avec ses 70 pages. Il présente des exercices (il y en a 12) sous forme de patterns. Ce sont ces exercices qui forment la substance des rétrospectives. Ceux-ci sont largement expliqués, en termes de but, de contexte et de déroulement. Ils sont généralement illustrés par une expérience vécue qui ajoute encore à l’intérêt de l’exercice.

Les chapitres 7 et 8 sont consacrés aux postmortems: la rétrospective des projets ayant échoué et arrêtés avant leur terme. Les conditions psychologiques de tels projets ont amené Norman Kerth à adapter sa démarche et ses exercices à ces conditions particulières. On ne saurait conclure un tel ouvrage sans aborder les aspects de compétence du facilitateur : quelles qualités, quelle formation doit-il avoir, quelles compétences doit-il développer. Enfin, l’ouvrage se conclut sur les rétrospectives de rétrospectives et la manière de collecter ces expériences dans une organisation.

Vous l’aurez compris : cet ouvrage est non seulement complet sur le sujet, mais d’une substance hors norme, il s’agit pour moi d’un livre incontournable sur le sujet, qui doit absolument être lu par quiconque souhaite devenir facilitateur de rétrospectives.

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Référence complète : Project Retrospectives, a handbook for team reviews – Norman L. Kerth – Dorset House 2001 – ISBN: 0-932633-44-7

Project Retrospectives


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