– [Parliament member] : Pray, Mr Babbage, if you put into the machine wrong figures, will the right answer come out ?
– [C. Babbage] : I’m not able rightly to apprehend the kind of confusion of ideas that could provoke such a question.

Charles Babbage
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Note de lecture : Alan M. Turing, par Sara Turing

Note : 4 ; Point et contrepoint sur la vie d’Alan Turing

Les parents ne devraient jamais survivre à leurs enfants. C’est pourtant la mère d’Alan Turing qui signe la biographie d’une des plus grandes figures scientifiques du 20ème sciècle décédé à l’age de 42 ans.

En fait, le livre (quoique court) ne compte pas seulement la biographie écrite par Sara Turing. Sur les 166 pages du texte, seules un peu plus de 120 viennent de sa plume. La courte seconde partie est dédiée à deux essais sur le « computing machinery » et « morphogenesis ». S’ils aident en partie à comprendre l’œuvre d’Alan Turing, ils ne sont pas très faciles d’accès, surtout le second. Il faut aussi compter avec la contribution de son frère John qui compte une vingtaine de pages (j’y reviendrais) et aussi sur les 18 pages d’avant-propos qui donnent un éclairage un peu plus neutre.

Revenons sur le texte de Sara Turing.

Sara Turing a écrit cette biographie en 1959, soit 5 ans après le décès de son fils cadet et alors agée de 78 ans. Le texte compte 13 chapitres, chacun étant très court. Je n’ai pas trouvé ce texte facile à lire, le style est de l’anglais ancien qui m’a fait pas mal souffrir et le moins que l’on puisse dire est qu’il manque de souffle épique. On ne peut non plus espérer que ce texte soit objectif. Comme le dit son frère dans sa partie, la lecture donne l’impression d’un Alan Turing parangon de vertu, ce qui est quand même difficile à croire. Le texte est découpée en périodes de la vie du mathématicien. Ce sont surtout des faits et des annecdoctes plus que des pensées profondes. Le texte est décevant à cet égard. Les 4 ou 5 premiers chapitres sont même assez pénibles à lire, la chose s’améliore un peu ensuite.

J’aurais aimé une contribution plus conséquente de son frère John. Mais il n’a écrit ce chapitre que pour offrir un contrepoint à la prose de sa mère qu’il juge biaisée (j’avoue que c’est assez facile à admettre). Sa contribution n’est pas nécessairemnt objective non plus, car il est très critique à propos de son jeune frère à de mains égards, mais il l’est aussi à propos de lui-même. Ce texte se lit mieux et va plus en profondeur que celui de sa mère.

Il eut été illusoire d’aborder ce livre en pensant lire la « biographie définitive » d’Alan Turing. Sara Turing n’est pas une écrivain et le contenu est visiblement emprint de nombreux biais, et même révisioniste à certians égards. A aucun moment elle n’évoque son homosexualité, même si on ne saurait réduire le célèbre mathématicien à ce seul aspect de sa personnalité. Il complète certainement l’image que l’on pourra s’en faire, mais il convient de rester critique par rapport à cette lecture.

Alan M. Turing

Référence complète : Alan M. Turing – Sara Turing – Cambridge University Press 1959, 2012 – ISBN : 978-1-107-02058-0
Point et contrepoint sur la vie d’Alan Turing

Alan M. Turing: Centenary Edition

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Les fondations de l’approche waterfall

L’article qui suit, écrit en 1970 par Winston Royce, le père d’auteur du Software Project Management dont j’ai écrit la note de lecture est réputé comme l’article original décrivant le processus en cascade.
Il est aussi pointé du doigt comme dénigrant en fait cette approche en cascade !
La vérité est entre les deux, car Winston Royce dit bien qu’il croit dans le fameux diagramme de la figure 2, mais qu’il le trouve “très risqué”. Le reste de l’article est une description de ce que l’auteur propose pour dé-risquer cette approche. Cela comprends :

  • Des documentations à différentes étapes.
  • L’injection de simili-itératif entre étapes adjacentes.
  • L’implication des utilisateurs

Bien sûr les concepts sont passés de mode et l’article n’est pas non plus extrêmement facile à lire. Mais ça se fait quand même…

L’architecture de Von Neumann

“First draft of a Report on the EDVAC”, c’est ainsi que l’histoire gardera trace de la publication qui définira l’architecture des ordinateurs pour (au moins) les 70 années suivantes !

Une paternité contestée…

Il en va hélas souvent ainsi des contributions majeures. Ce papier a été publié le 30 Juin 1945. Ce travail est l’émergence des réflexions du mathématicien, sans aucun doute après avoir travail sur ENIAC d’une part, et sur le Mark I d’autre part. C’est sans doute la raison pour laquelle Eckler et Mauchly contestent l’originalité des idées de Von Neumann, alors même que l’ENIAC n’était pas réellement un ordinateur programmable, mais plutôt recevable.

De l’autre côté, il semble qu’Howard Aiken, le père du Mark I qui lui était bien programmable n’ait jamais pris de position de controverse !

L’article

Je pense pour ma part qu’il faut rendre à Cesar ce qui est à César. Certes, Von Neumann n’a pas tout inventé, mais Eckler et Mauchly d’une part et Aiken de l’autre ce sont aussi inspirés de prédécesseurs : Vannevar Bush et même avant cela Babbage !

L’article que je met à disposition ici n’est pas l’original, mais une reproduction fidèle, le texte étant lui l’original, avec une mise en page aussi fidèle que possible à l’originale. L’IEEE est à l’origine de cette reproduction faite en 1993.

C++ en 1983…

J’ai posté il y a peu une note de lecture sur l’Annotated Reference Manual (l’ARM pour les intimes). Cela m’a incité à aller chercher plus loin. C’est ainsi que j’ai mis la main sur un document dont on devine à sa seule apparence qu’il est plutôt ancien. Je ne peux résister au plaisir, en passant, de vous livrer la photo de famille du premier meeting du groupe de travail sur C++.

Initial meeting Group C++

Bjarne Stroustrup n’a pas tellement changé, vous allez le reconnaitre facilement !

Voici le document en question.

On ne peut pas vraiment parler de norme, ce document décrit le langage C++ d’une manière que l’on dirait aujourd’hui sommaire. Certains éléments du langage sont absent de cette version préhistorique. Les plus remarquables sont l’absence des mots-clé pour les visibilités private et protected !

The Software Preservation Group

http://www.softwarepreservation.com/

Notre discipline n’est plus si jeune. Elle accuse 65 ans, enfin à peu près en fonction de ce que l’on s’accorde à considérer comme l’informatique moderne…

Mémoriser, référencer les documents ayant trait à cette histoire devient une tâche importante à laquelle le SPG s’attelle. Cela reste très partiel, souvent Wikipedia fait même mieux, mais le SPG référence aussi de vieux documents introuvables ailleurs !

The Software Preservation Group