Agile France 2013, bonus track

J’ai couvert tout ce à quoi j’ai assisté … mais il y a en a beaucoup auxquelles je n’ai pas assisté. J’ai essayé de rassembler ici le matériel éparse sur lequel j’ai pu mettre la main.

J’en rate beaucoup, j’en suis sûr. Si vous avez d’autres liens, faites suivre ! Je les ajouterais.

Blogs et autres liens utiles

Les autres présentations

Ne cherchez pas un ordre corrélé au programme, ce n’est pas le cas. Have fun !

L’agilité en maintenance logicielle

Communautés de pratiques en pratique

Sport et théatre avec Christophe Keromen

Christophe nous proposait 2 présentations. Tout d’abord, ce que le sport m’a appris de l’agilité

Puis la même déclinaison à propos du théâtre

Peter Stevens : Agile values, French values

Les paradoxes du leadership

Les articles qui parlent des autres présentations

Retours sur Agile France 2013, 4ème partie (en images)

Avant-dernière ligne droite pour mes retours sur Agile France 2013. Pour ceux qui débarquent, sachez que vous trouverez :

  • Un premier post couvrant le début de matinée
  • Un second terminant la matinée et couvrant le début d’après-midi
  • Un troisième terminant la journée du vendredi.

Welcome !

On commence tranquilement la journée par un café, une viennoiserie et des conversation avec des têtes connues.

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Personnellement, j’aime bien arriver tôt et prendre mon temps avant de me ruer dans les sessions.

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D’ailleurs en fait, on ne va pas commencer par une session, mais par le mot du bureau Agile France (à ne pas confondre avec l’organisation de la conférence Agile France).

Le mot du bureau Agile France

C’est Emmanuel Gaillot qui s’y colle. Je dirais que cela n’a pas été mon moment préféré de la conférence. Le style déjà est étrange : Emmanuel assis (comme il n’est pas un géant, on ne le voyait pas) lit une déclaration. Curieux, mais bon. La déclaration surtout en elle-même ne m’a pas fait forte impression, en tout cas dans le sens positif.

Je me méprends peut-être sur le teneur du message, mais il m’a semblé qu’on y opposait cet évènement non-sponsorisé et fier de l’être aux autres “vendus” à des partenaires, un Agile France “première manifestation agile en France” aux autres qui viennent saturer le paysage…

En tant que membre du Scrum User Group et donc organisateur du Scrum Day, j’ai un peu de mal à ne pas prendre cela comme une attaque ! Et franchement si nous avons des sponsors qui nous permettent de rendre l’évènement abordable, je n’ai pas pour autant l’impression de vendre mon âme. Mais j’ai peut-être mal interprêté le propos du bureau…

Alors que dois-je penser ?

A bien y réfléchir, rien de différent par rapport à ce que je pensais jusqu’à présent : Agile France est un magnifique évènement (le ScrumDay aussi et j’en suis fier), j’étais heureux d’y être et je reviendrais ! Il faudrait bien plus que cela pour gâcher mon plaisir !

D’ailleurs, c’est reparti !

Florence Chabanois : Mais pourquoi y m’écoute pas ?

C’est hélas assez souvent plus qu’une impression : c’est une réalité malheureuse de la communication sur nos projets ! Mais où donc se situe le problème ? Sommes-nous mauvais à faire entendre notre voix ou est-ce notre aptitude à écouter qui est prise en défaut ? Les deux mon capitaine ! Et Florence Chabannois va nous l’expliquer dans cette session.

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Ecouter ou prétendre écouter ?

Mauvaise nouvelle : Le premier facteur de défaillance d’écoute, c’est nous même.

D’abord nous parlons trop (ce doit être vrai, ma mère me disait la même chose…) !

  • Difficile d’écouter quand on parle. Du coup nous nous écoutons nous-même plus que nous écoutons notre interlocuteur.
  • Le “moi je” qui rammène la discussion à soi, les rappels sont autant d’interruptions qui font obstacle à la communication.

Bref, quand on écoute et que l’on veut aussi parler, il faut attendre le bon moment pour le faire !

Par exemple, là ça marche bien : toute monde écoute Florence…

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Ceci nous conduit à la première recette de Florence Chabanois

Recette n°1 : quand on écoute, il faut se taire

Quand florence parle de se taire, ce n’est pas seulement à propos de ce que l’on dit à haute voix. C’éest aussi faire taire notre petite voix intérieure (tiens ça me fait penser à Magnum, pour ceux qui ont vu la série…). Là, j’avoue que c’est plus challengeant, car je ne sais pas pour vous, mais pour moi la “petite voix intérieure”, c’est un peu tout le temps !

Ca ne s’arrête pas là, il faut aussi se concentrer sur ce que nous dit notre interlocuteur.

Et aussi montrer cela par notre attitude corporelle, en regardant notre vis-à-vis.

C’est un bon début. Mais ce n’est pas fini. Car à différents interlocuteurs, différentes attitudes d’écoute. Nous en arrivons à la seconde règle.

Recette n°2 : savoir s’adapter à son interlocuteur

Pour s’adapter, il faut reconnaitre des profils de personnalité. Et pour cela Florence nous propose … le modèle DISC !

On ne peut pas vraiment dire que ce soit d’une grande originalité, sans compter qu’il faut toujours un peu se méfier des modèles. Mais si ça aide à faire le boulot… Florence nous propose quelques exemples connus. Je vous laisse les découvrir dans la présentation, ils valent le coup !

Passons en revue ces différents types et comment s’adapter :

Le dominant

C’est un “problem solver”, il est pressé, voir brutal.

Avec lui, inutile de prendre des gants ou de longues introductions. Il faut faire des phrases courtes et aller droit au but.

L’influent

C’est l’archétype du commercial. Il est centré sur les personnes, les réseaux. Par contre, il manque d’organisation et le focus sur les délais n’est pas son point fort.

Quand on communique avec lui, il faut mettre l’emphase sur l’énergie et la passion. Il sera aussi sensible à ce qui touche à la réputation.

Le stable

Il est empathique, timide et orienté sur les personnes. Une sorte d’antithèse du dominant. Il est aussi indécis et torturé (dans les cas extrêmes quand même, j’imagine…). L’équipe est plus importante que lui-même.

Il faut lui parler doucement (n’oubliez pas qu’il est torturé, faut pas en rajouter) et être à 100% avec lui.

Le consciencieux

Il est orienté tâches et introverti. Les règles sont importantes pour lui. C’est un perfectionniste qui veut tous les éléments avant de se décider car il a peur de se rater. Les détails seront donc aussi très importants.

Recette n°3 : Reformuler

Pourquoi ?

  • Déjà pour montrer que l’on écoute et que cela se voit !
  • Pour tester notre bonne compréhension du message.
  • Pour provoquer l’empathie. On teste le moment où l’on est en phase lorsque notre interlocuteur nous dit “ouais, c’est ça !”.

Ce que j’en ai pensé

Une présentation certes agréable, mais où l’on apprends pas grand chose de nouveau.

Cela étant dit, je pense qu’il ne faut pas négliger les vertus de ce type de présentations, focalisées sur un aspect comportemental, même s’il est connu ou devrait l’être. C’est un retour aux fondamentaux, une sorte de “kata du coaching”. Il n’y a pas que le truc nouveau qui déchire qui compte. Les gestes élémentaires et quotidiens, nous les faisons bien plus souvent et nous devons ne pas oublier de les faire correctement.

Merci Florence !

Lectures recommandées

Régis Medina : Plus d’agilité avec le Lean

Nous étions resté hier avec la première paire de mon carré d’as. Transformons maintenant cela en brelan. Jamais je n’ai d’hésitation à aller écouter Régis et jamais je n’ai été déçu. Il en va de même aujourd’hui.

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Alors voilà, on fait de l’agile. A-t-on amélioré les choses ? Oui, ça ne fait aucun doute ! Doit-on en rester là ? Régis est un vieux baroudeur de l’agilité. En fait le plus ancien ancien que je connaisse. S’il y a bien une personne capable d’évoquer cela, c’est lui !

La réponse est : oui. Nous allons voir pourquoi.

Il reste des challenges…

On parle bien au pluriel !

Avoir des gens “super forts”. On ne parle plus de faire des projets avec de grosses équipes, mais au contraire avec de petites capables d’abattre un gros travail ! On n’a pas le choix, sinon c’est le passage par la case “offshore” !

Faire des bon produits ! Des produits adaptés à nos clients, qui emportent l’adhésion. Ces dernières années, les services sur le Web ont terriblement monté le niveau de jeu !

Tenir le rythme du client. Grâce à l’agilité, nous avons drastiquement augmenté nos cadences de livraison et notre réactivité au changement. Las de son côté, le client a vu aussi ses rythmes s’accélérer. En fait, ses rythmes ont plus accéléré que les nôtres ! A notre grand désarrois, le fossé s’est donc encore creusé !

Quid d’une meilleure méthode ?

Oui, quelle est la bonne méthode pour passer le cap ?

Encore faux : ce n’est pas la bonne question !

Mettre les choses en perspective ne fait pas de mal. A mon grand plaisir, Régis l’a très bien fait en prenant le contre-pied d’idées à la mode.

La taylorisme.

On oppose souvent l’agilité au taylorisme, ce qui est juste. Mais on le fait sans discernement en se contentant d’asséner que “le taylorisme c’est mal”. Pourtant c’est bien lui qui a permi l’essort de l’ère industriel, il a permis un énorme pas en avant ! Mais l’organisation scientifique du travail montre des limites :

  • Le processus n’est pas toujours adapté au quotidien
  • L’équipe doit souvent adapter le processus au terrain.

Pour Régis Médina, il s’agit de garder les bénéfices de l’OST en adressant ses lacunes. Comment ? En gardant les personnes au centre du dispositif.

Attention, garder les bénéfices ne signifie pas conserver le principe du taylorisme qui divise le monde entre ceux qui pensent et ceux qui exécutent. En fait, c’est même le travers de nombreux déploiements “Lean” : on cherche à utiliser les outils du Lean dans le cadre de l’OST.

Nous avons hélas quelques mises en oeuvres catastrophiques estampillées Lean qui opèrent ainsi et sont très visibles. A mon avis, ces grand projets sont plutôt du Business Process Reengineering. On pourrait presqu’en dire que c’est l’ennemi juré du Lean … Mais je m’égare, revenons au propos de Régis.

Nous allions parler du Lean.

Le Lean à la rescousse

Pour éclairer le terrain du Lean, Régis nous dresse une image de la “maison Lean” :

  • Voir l’entreprise comme un terrain d’amélioration, donc d’expérimentation. L’opportunité de mener des “dojo”.
  • Le respect des personnes. Le succès est un droit ! Le rôle du manager est d’aider les équipes à relever des challenges.
  • Développer les compétences, non par “l’expérience” où les gens sont laissés à eux-même ou en usant nos pantalons sur les chaises des salles de formation, mais par la pratique délibérée.

Sur le développement des compétences, Régis nous entraine vers le terrain biologique et le développement et le renforcement des réseaux synaptiques par leurs usages. J’aime bien l’exercice intellectuel de ce rapprochement, mais je ne suis pas sûr de suivre l’orateur sur ce terrain. Pas en l’absence de sérieuses références dans le domaine des savoirs évolués (par opposition aux connaissances de base comme le langage, l’écriture, etc…). Disons que c’est au moins une perspective intéressante.

Pour débuter sur cette voie, l’orateur nous propose de commencer par…

3 pratiques

Management visuel

Le management visuel ce n’est pas mettre sur les murs n’importe quoi ! En Lean, c’est rendre visible l’exercice que l’on essaie de faire.

Le point principal est de visualiser le challenge à atteindre, ce qu’on veut réussir. C’est un focus différent de celui des “tâches à faire”.

Cet objectif macro à moyen terme doit se décliner en objectifs à la journée. Régis nous parlait du “droit au succès” au début de sa présentation : le droit au succès, c’est aussi pouvoir rentrer chez soi en étant fier d’avoir atteint le but que l’on s’était fixé en début de journée.

Le management visuel, c’est aussi rendre visible les problèmes et leur résolution. On rejoint ici la notion de Kaisen, c’est à dire d’amélioration continue. Pourquoi rendre visible les problèmes ? Pour avoir le nez dessus et être en position de devoir les résoudre plutôt que de les remettre au lendemain.

Votre exercice : Sur votre support de management visuel, mettez en évidence :

  • Qu’est-ce qui nous permet d’apprendre quelque chose
  • Qu’est-ce que le succès ?
  • Voit-on les points à travailler ?

La résolution de problèmes

L’outil de base, c’est le cycle PDCA, une approche rigide mais un passage indispensable en Lean. Nous cherchons à répondre à la question : quelle action précise va payer ?

Votre exercice : Une action de la dernière rétrospective dont vous êtes content :

  • Quel était le problème ? Etait-on en mesure de le chiffrer ? Quels en étaient les impacts pour l’entreprise ?
  • Quel était l’objectif de l’action ? Qu’est-ce qui nous permet de voir que l’action marche ?

L’observation de terrain

C’est voir où l’on peut grater de l’efficacité en allant là où l’action se passe.

Par exemple, en regardant l’utilisateur travailler avec l’outil informatique : noter les actions qui apportent de la valeur et celles qui sont du “gaspillage” au sens Lean. dans un cas l’outil aide, dans l’autre il est un frein.

Votre exercice :

  • Sur chaque item de backlog, quel est la valeur associée.

Conclusions

On fait avancer les choses, non pas en faisant de grand plans et en concevant des “ultrasolutions”, mais par la pratique quotidienne et répétée.

Changer notre façon de voir : les processus ne sont pas important. Scrum, XP, Kanban … quelle est la bonne méthode ? Ce n’est pas la bonne question. La bonne question est : comment développer les personnes.

Ce que j’en ai pensé

Voilà encore une session dont ma restitution va être bien fade. Difficile de rendre justice à la présentation de Régis. C’est bien fait pour vous, fallait être là ! La compréhension du Lean passe par la pratique et l’infusion des concepts. C’est ce qu’a fait Régis, il nous a infusé le savoirs de base. Il ne s’est pas arrêté là, il nous propose de commencer quelque part !

L’histoire ne s’achève pas ici. En fait ce n’est qu’un préambule. Régis travaille avec des collègues à un “starter kit” qui fait suite à cette introduction afin de nous aider à démarrer la mise en ouvre. Franchement, j’ai hâte de voir cela. Pour patienter un peu, voici le support de présentation.

http://fr.slideshare.net/slideshow/embed_code/22424062

Lectures recommandées

Dernière ligne droite

Nous allons souffler un peu avant les dernières sessions de cet Agile France 2013. Nous nous retrouvons très bientôt !

Retours sur Agile France 2013, 2nd partie (en images)

Nous avons évoqué, il y a peu le début de matinée de la conférence Agile France 2013. Il est temps de reprendre notre bâton de pellerin et de poursuivre plus avant.

Mais avant cela, j’aimerais saleur l’équipe d’organisation. Je n’ai pu les prendre en photo tous. En fait, c’est la photo que j’ai où ils figurent !

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Grand merci à Eric, Ellène, Stéphanie, Caroline, Damien, Jonathan et Frédéric. Ils essaient tant de se faire discrets qu’il est difficile d’avoir la liste exacte !

Je dois vous avouer une chose : il y a certains orateurs que j’essaie de voir coûte que coûte. Je ne regarde pas le résumé de leur session, en fait je n’en regarde même pas le titre. Je viens sans me poser de question et je n’ai jamais été déçu. Quatre d’entre eux étaient présents sur ces 2 jours, bien répartis : 2 le Jeudi et 2 le vendredi. Coup de chance, pas de chevauchement entre leurs sessions. Vous découvrirez les autres plus tard, mais Pascal est l’un d’entre-eux.

Pascal Van Cauwenberghe : Real options

Quand et comment (ne pas) prendre des décisions

Les options réelles sont le pendant des options financières. Elles permettent :

  • D’exercer un décision à une date future
  • C’est un droit (et non un devoir) d’exercer ce choix à cette date future.
  • Ce droit s’achète cash à l’instant présent (c’est la prime).
  • L’exercice de l’option s’accompagne d’un coût (le prix de l’option) et d’un bénéfice éventuel.

Pour illustrer tout cela, Pascal va nous raconter des histoires. Il y en aura 3.

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Un choix de design embarrassant

Notre première histoire nous emène dans le monde du jeu video en ligne pour les enfants. La date de sortie est fixée, la période de Noel est cruciale, on ne saurait la rater. Le contenu du jeu est à peu près dans les rails. Mais les créatifs veulent changer d’identité visuelle, mais ils ne sont pas sûrs, mais…

C’est là que rentrent en compte les options réelles : on veut pouvoir décider aussi tard que possible. Mais cela a un prix.

Ici, l’idée consiste à rendre la décision facile à changer. Le prix est donc un refactoring permettant un changement facile du design. Ce prix nous donne droit de retarder le moment ou il faudra arrêter la décision définitive. Une leçon importante à retenir :

Il faut payer le prix pour des options qui ont de la valeur.

Cette démarche débouche sur plusieurs conséquences :

  • La réalisation des tranches fonctionnelles est pensée en terme de rétro-planning par rapport à la date à laquelle on doit opérer le changement de design.
  • Une question pour le développement : est-on obligé d’appliquer le design dès le début ? En fait non. Le développement sera entièrement fait en noir et blanc. En fait, cette situation embarassante aura débouché sur une évolution du processus de développement: dorénavant, tous les développement seront fait en noir et blanc avec application du design à la fin !
  • Nécessité de traquer l’évolution de cette option toutes les deux semaines afin de voir si on dispose de plus d’information quand à son exercice ou non.

Le processus de suivi de ces options est le Real Options Optimal Decision Process décrit dans le livre Commitment.

Set-based development

Dans ce second projet, le challenge est différent : un service doit être développé, le temps est critique (comme toujours). Hélas le choix de la plateforme n’est pas encore arrêté. Mais on ne peut se permettre de mettre le projet en stand-by en attendant ce choix, le projet est trop critique !

Comment faire ?

Il suffit d’implémenter toutes les options ! En clair cela signifie :

  • Faire le développement sur des API isolant la plateforme. Ces API sont mises en places au fur et à mesure de l’avancement du projet.
  • Opérer parallèlement l’implémentation de ces APIs sur toutes les plateformes qui forment l’ensemble de nos option (deux dans le cas présent)

Un effet de bord positif est que cette approche simplifie le test du service, car parallèlement on va implémenter un “test server” qui est en fait un “mock” de la plateforme.

Plus tard le choix de la plateforme est arrêté. On se focalise alors sur l’une des implémentations de l’API.

L’histoire ne s’arrête pas là. Par le jeu des fusions / acquisitions d’éditeurs, l’éditeur de le seconde plateforme rachètera la plateforme A … et demandera à ses clients de migrer vers la plateforme B. Le Set-Based design rendra cela facile !

Plus tard, cet éditeur B sera lui-même … vous m’avez compris !

Une histoire d’intégration

La troisième histoire est celle d’un projet en retard. Le retard est déjà de 3 mois, il en faut encore 6 ! Arrêter ou poursuivre ?

Il y a des décisions à prendre, et celles-ci ne doivent pas tenir compte de l’investissement déjà réalisé : il faut le considérer comme perdu. C’est le Sunk Cost Fallacy. On a pratiquement toujours tendance à surestimer la valeur de ce que l’on a. La valeur n’est pas le coût.

Une histoire d’EDI, une question d’architecture

L’EDI permet d’interconnecter des vendeurs et des fabricants. De chaque côté de la plateforme, vendeurs et fabricants doivent implémenter l’API avant que l’éditeur customise celle-ci.

Malheureusement pour chaque partie prenante, l’implementation de l’API est un gros projet, donc subordonné aux retards qui sont le lot des gros projets. Comme la customisation de la plateforme est tributaire de l’implémentation des API de chaque côté, la planification de ce travail ne sert à rien !

L’intégration dure longtemps, car elle est conséquente et n’intervient qu’une fois que chacun a fait son travail. Que faire ?

Ne plus faire de gros projets ! Au lieu de mettre en production toute une connexion vendeur / fabricant, ne peut-on déployer flux par flux ? Les objets métiers nécessaires à ces flux seront développés de manièreincrémentale, et seulement ceux dont on a besoin pour le flux en cours. Par contre ils pourront être réutilisés pour les flux suivants.

Pour Pascal, changer d’architecture, de plateforme ou de langage implique les points suivants:

  • Faire un prototype pour maitriser le concept ou la technologie.
  • Commencer par les aspects les moins critiques.
  • Garder l’ancien composant.
  • Opérer un déploiement incrémental.

Vous l’aurez peut-être remarqué, cela rejoint certains points de la présentation de Cyrille Martraire (voir mes retours dans la 1ère partie).

Avec l’éclairage des options, Pacal nous soumet ce qu’il juge être les vertus d’une bonne architecture :

  • Elle doit nous permettre de prendre tôt les décisions faciles à changer.
  • Elle doit permettre de prendre tard les décisions difficile à changer. Ou encore : rendre les décisions difficiles à changer pour qu’elles deviennent faciles à changer !
  • Elle permet l’effort minimal, c’est le YAGNI d’extreme programming.
  • Elle créé des options pour l’équipe et/ou pour l’entreprise.
  • Elle se construit et s’améliore tous les jours, à petits pas. Sinon, on crée du legacy !

Il ne faut pas mésestimer la valeur des conditions contrariantes que l’on nous impose. Elles nous servent et nous apprennent souvent quelque chose.

Dans les mauvaises décisions se cachent de bonnes décisions.

Les techniques utiles

Une simple liste des techniques et principes abordées dans cette session :

Pascal avait déjà donné cette présentation lors de Devoxx France, fin Mars. Voici le support de présentation qu’il avait alors utilisé. Le contenu est identique à la présentation faite ici.

Lectures recommandées

Pierre Pezziardi – Agilité : do the wrong thing faster

Pierre Pezziardi n’est pas n’importe qui : co-fondateur d’Octo Technology, puis DSI de la BRED, puis actuellement start-uper, on peut dire qu’il a de l’envergure. C’est aussi un orateur de grande qualité, comme j’avais pu le constater lors d’une soirée organisée par l’institut agile : pertinent, incisif, riche d’enseignements. Je n’ai donc pas vraiment hésité à aller l’écouter.

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Sans aller jusqu’à m’avouer déçu, je dois dire que la session a été un peu en-deça de mes attentes. L’orateur a voulu cette session interactive, ce qui est en principe une bonne chose. Peut-être les interventions de la salle plus souvent conotées “coach / consultant” que “retour terrain” ont-elles participé à cette impression mitigée ? Honnêtement, j’ai un peu de mal à le dire.

Plutôt que de tenter retracer cette session (ce que je serais bien en peine de faire), je vais plus simplement livrer mon “take away” de cette session.

On peut faire de l’informatique et créer zéro valeur

Qui décide quel projet faire ?

A quel point les vrais utilisateurs sont impliqués ?

Le logiciel qui est produit va-t-il faire la différence chez les utilisateurs ? Hélas pas si souvent que ça…

L’unique mesure de la valeur, c’est le regard de l’usager

Des applications en pré-production que les utilisateurs détournent pour un usage en production. Des utilisateurs déclarant que l’application X a changé leur façon de travailler ou qu’elle leur permet de consacrer leur temps à des tâches plus valorisantes…

Des exemples venus de l’assistance ont permi d’illustrer ce point.

La pensée systémique est différente de la pensée analytique

Pierre a évoqué des grands projets publiques permettant des améliorations … pour une catégorie de population, hélas au prix de plus de souffrances pour d’autres population !

Apporter de la valeur ne doit pas se mesurer localement, il faut prendre en compte l’ensemble de l’écosystème concerné, donc avoir une approche systémique par opposition à l’approche purement analytique.

Etre acteur du changement

Sommes-nous trop petits, trop insignifiants pour pouvoir changer les choses. La réponse de Pierre est claire : Non ! Pierre est engagé dans une démarche entrepreunariale pour changer les choses, mais tout le monde n’est pas dans cette logique là. Et l’on peut tenter des choses, même petites pour les améliorer. Par exemple en collaborant avec des personnes au-delà des frontières organisationnelles. Je citerais Pierre concernant l’alternative:

Tu peux rester où tu es à te plaindre et à souffrir. Dans ce cas, bonne chance car t’as encore 30 ans à tirer !

Je ne rends pas justice à Pierre avec mes notes, car son intervention était bien plus intéressante qu’il n’y parait ici. Soyez certain que je retournerais l’écouter quand j’en aurais l’occasion !

A table !

On est toujours bien reçu à Agile France, et déjeuner autour d’une table avec un vrai repas et un service tranche avec les conférences auxquelles nous sommes habitués. Et puis, ça a de la gueule, jugez-en !

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Bien sûr, ce moment de convivialité est l’occasion de nouer des contacts. N’esperez-pas que je vous en dise plus : ça va rester entre moi en mon LinkedIn !

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Fin de la pause, retour aux affaires. Ca va parler coaching pour débuter l’après-midi

Jean-François Hélie : Votre nouveau défi, déployer l’agilité dans votre organisation

Votre organisation est-elle agile ?

A cette question on est souvent tenté de répondre “oui” (de toute façon, répondre “non” fait désordre). Souvent parce que l’on a déployé Scrum sur un, plusieurs, voir la totalité des projets. Généralement, ça marche un peu mieux qu’avant. Mais on est loin des améliorations radicales escomptées.

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Voyons la démarche que Jean-François Hélie nous propose.

Opérer des rapprochements

Si on peut juger de seulement une “petite” amélioration, force est de constater que certains projets stratégiques marchent nettement mieux. Pourquoi ? Essentiellement parce que leur nature stratégique fait qu’ils ont moins de contraintes. Ils ont d’avantage le droit de franchir les frontières organisationnelles.

Tout cela est insuffisant, mais ces projets stratégiques nous donnent des indications :

  • Trop de cloisonnement interne DSI / Marketing / Métier
  • Pas de remise en cause fondamentale du processus projet
  • L’agilité reste cantonnée au niveau de la réalisation
  • Les projets sont mal cadrés et démarrent trop vite.

Sur ce dernier point, enfin tel qu’il est exprimé, je crains de ne pas être d’accord sur le fond. Je pense que Lean Startup a quelque chose à nous enseigner de ce côté. Sans doute devrais-je discuter avec Jean-François précisément là-dessus…

La difficulté fondamentale à faire tomber les cloisonnements a hélas une origine plus profonde.

Comprendre la culture

Comprendre les organisations, c’est comprendre leur culture. Celle-ci est étroitement liée aux niveaux de maturité :

  • De l’équipe
  • De l’organisation

Comme on aime bien les modèles, Jean-François nous propose celui de Richard Barett qui décrit 7 niveaux de conscience. Ce modèle étend en fait la célèbre pyramide de Maslow. La voici.

7levels

Pour Jean-François Hélie, l’agilité se situe au niveau 4, les niveaux au-dessus sont, disons, du bonus ! Pour arriver à ce niveau, 2 challenges :

  • La manager doit devenir facilitateur
  • L’ambition agile : comment se réaliser individuellement, en interaction avec les autres ?

Conjuguer le changement au présent

Jean-François n’a pas d’hésitation à ce propos : Le changement ne s’opère pas en planifiant ce qu’on pourra faire plus tard. Pas plus qu’il ne se construit en regardant ce que l’on a fait dans le passé. L’un sert à rêver, l’autre à se lamenter.

Seul compte l’instant présent, ce que l’on peut faire dans le contexte actuel.

Autre point important : le changement culturel s’amorce par le haut de la pyramide. En fait la dynamique des comités de direction reflète celle de la société.

  • Un comité de direction hésitant, qui ne sait dans quel direction aller donnera une société où les employés sont peu engagés et n’osent pas aller de l’avant.
  • Un comité de direction energique et focalisé engendrera une société dynamique avec des employés volontaires.

D’accord, c’est peut-être un peu caricatural, mais c’est l’idée.

Pour changer les projets, changeons les réunions

C’est le “take away” de cette session. Jean-François Hélie veut partager une de ses convictions avec nous et nous propose ses outils. A l’image de ce que l’on vient de dire pour les comités de direction, les réunions de projet sont le poul du projet.

A l’inverse, on peut agir sur un projet en agissant sur la dynamique des réunions ! Une idée un peu déconcertante pour moi, mais intéressante. En tout cas, je n’y avais jamais pensé. Voyons comment réunions et projets sont les reflets l’un de l’autre :

  • La participation en réunion : Elle reflète l’energie et la motivation sur le projet.
  • La gestion du temps en réunion : Elle caractérise la façon dont est appréhendé le respect des délais.
  • La relation à l’animateur : Elle est un indicateur du respect de la hiérarchie.
  • La gestion des l’espace de la salle de réunion : Elle donne des informations sur les stratégies territoriales des uns et des autres.
  • Le processus de communication au cours de la réunion : Elle est un miroir des circuits d’information (qui parle après qui, etc..)
  • Le désir de quitter la réunion ave un résultat : Il est significatif de ce que peut délivrer le projet.

Pour amorcer les changements en réunion, le premier pas est la prise de conscience à la fin de celle-ci :

  • Qu’est-ce qui a bien fonctionné ?
  • Qu’est-ce qu’on peut améliorer ?
  • Qu’est-ce que l’animateur a bien fait ?

Dans la plupart des réunions “classiques” l’animateur de la réunion :

  • Définit l’objectif de la réunion
  • Dirige la discussion
  • Recadre celle-ci
  • Et la plupart du temps monopolise 80% du temps de parole.

Cela n’est pas très constructif, et en réalité ce genre de réunion est surtout informatif. Les autres participants ne sont pas engagés et en fait participent peu. D’où la généralisation des ordinateurs portables en réunion.

Lorsque l’animateur gère la réunion en mode participatif, les différences sont :

  • L’animateur invite les participants à prendre la parole
  • L’animateur ne garde le temps de parole que 20% du temps.

Dans la version Intelligence Collective (le nirvana des réunions, en quelque sorte), les rôles deviennent distribués :

  • Un facilitateur qui invite à participer et délègue les rôles.
  • Un pousse-décision qui suit les actions arrêtées et incite les participants à conclure une discussion par une action.
  • Un gardien du temps.
  • Un “meta” qui observe la dynamique du groupe et la posture des participants
  • Un leader. C’est toujours un peu le même, celui qui a une autorité naturelle sur le groupe du fait de son charisme ou de sa connaissance du sujet.

Déployer l’agilité dans l’organisation

Jean-François Hélie voit deux approches possibles :

L’approche structurelle : Elle débouche sur de grands efforts pour de petits effets.

L’approche culturelle et systémique : Elle permet d’obtenir de grands effets avec de petits efforts. Pour en résumer les clés :

  • Ne pas chercher à changer la culture en elle-même.
  • Changer la culture dans les réunions
  • Créer et partager une vision
  • Faire participer les collaborateurs

Et c’est tout !

Lecture recommandée

Un seul ouvrage ici :

A suivre…

Nous avons bien avancé dans notre première journée, il nous reste 2 sessions pour la compléter. A très bientôt !

Retours sur Agile France 2013, 1ère partie (en images)

J’avais fait l’impasse sur l’édition 2012, je suis revenu pour l’édition 2013. Cette année encore Agile France promettait un programme attrayant : promesse tenue ! Le “take away” de ces 2 jours de conférences ne rentre guère dans mon sac à dos, c’est un semi-remorque qu’il va me falloir. Une fois de plus, je vais vous distiller cela en plusieurs parties.

Place à l’action, ou plus précisément à la première session de la journée.

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Peter Stevens : From Value to Values

Why management has to change and how IT is inspiring the solution

Nous étions quelques un à avoir eu l’occasion de croiser Peter Stevens lors d’une Scrum Beer il y a environ 2 ans. Cette fois, il nous faisait la keynote de la conférence et venait nous parler du Stoos Network. J’avais une première fois évoqué ce mouvement à l’annonce du Stoos Connect, puis plus récemment pour parler du Stoos Satellite Paris.

C’est bien du Stoos Network dont Peter Stevens est venu nous parler. Selon lui, le monde se divise en 2 types de sociétés:

  • Celles qui enchantent leurs clients.
  • Les autres.

Vu comme ça, c’est un peu simpliste. Creusons un peu. Aujourd’hui, les compagnies ayant un fort “focus client” sont celles qui gagnent de l’argent. Car il n’a jamais été aussi facile de changer de fournisseur ou de service. Votre service de téléphonie ne vous plait plus, résiliez-le dès aujourd’hui pour prendre un nouveau plan ! Il y a 30 ans, Peter Stevens nous confiait qu’en Suisse, un abonnement téléphonique nécessitait un dépot de garantie équivalent à un demi-mois de salaire ! Nous avons donc changé de logique :

  • Autrefois : “you take what we make”.
  • Aujourd’hui : “I choose what I want”.

Pour autant, ce changement de polarité ne s’est pas accompagné d’un changement de paradigme dans la logique de l’entreprise.

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L’entreprise moderne continue de choisir son cap en fonction des dividendes qu’elle peut reverser à ses actionnaires. C’est une logique qui n’est en fait pas celle permettant d’obtenir les meilleurs résultats car elle part du mauvais point.

Pour enchanter le client, il faut augmenter la vitesse de réactivité, faire grandir la capacité d’innovation. L’économie d’aujourd’hui est une économie de la créativité. Toutes choses que le mode de fonctionnement “commande / contrôle” hérité du Taylorisme et du Fordisme ne permettent pas.

Il doit y avoir une meilleure façon de faire, c’est le constat que différents courants de pensée du réseau Stoos (radical management, tribal leadership, beyond budgeting, management 3.0, etc…). Et elle s’inspire de l’agilité.

Pour Peter Stevens, l’élément le plus important du manisfeste agile se situe en haut de celui-ci :

We are uncovering better ways of developing software by doing it and helping others do it.

Stoos Network est un “mouvement de mouvements” qui promeut l’entreprise non comme une structure pyramidale, mais comme un réseau “apprenant” de personnes, dont les managers seraient les servants.

Aujourd’hui, l’agilité dans les projets informatiques est confrontée à une frustration de par les conflits qui l’opposent à un management classique. Stoos est la continuité de ce mouvement vers l’organisation de l’entreprise.

Je n’ai pas trouvé la présentation de Peter Stevens, mais un support qui s’en approche de très près.

J’ai été un peu déçu par cette keynote. Bien que quelques exemples (visibles sur les supports) aient pu nous donner à réfléchir, elle est pas mal resté dans les généralités.

Géry Derbier : Le leader en tant qu’hôte

J’avais suivi de loin l’intérêt de Géry pour le host leadership, mais sans m’y intéresser plus avant, car on ne peut pas être partout, n’est-ce pas ? Mais Géry étant mon futur collègue, j’essaie de le pister un peu…

Déjà, ça commence par le coincer en face de mon objectif !

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Cette session était en fait un atelier participatif. On parle toujours du “servant leadership” par opposition au “leader command & control”. Certes, mais comment cela peut-il se matérialiser ? Il y a-t-il des parallèles avec de choses que nous connaissons qui pourraient nous aider ?

Il se trouve que oui !

Que se passe-t-il quand nous participons à une fête que nous jugeons réussie, que fait l’hôte pour rendre cela possible ? C’est à ce travail de reflexion que nous a invité Gery aujourd’hui. Par petits groupes, nous avons cherché à décortiquer les ingrédients d’une fête réussie

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Une reflexion pas très facile à mener en un temps limité. Je vous livre en vrac les points qui sont remontés :

  • Favoriser l’émergence, laisser de la liberté pour permettre la créativité.
  • Avoir une (des) réactions en chaine. A l’image de ce qui se passe quand on commence à danser.
  • Créer le lien entre les personnes. C’est vrai surtout quand nombre d’entre elles ne se connaissent pas. C’est moins le cas dans des réunions de famille.
  • Le pouvoir de l’invitation. On ne vient pas sous la contrainte, c’est un acte volontaire.
  • Donner la permission, ou comme le dira Olivier Pezziardi “pas faire chier les gens”.
  • Ne pas chercher à obtenir un résultat. On créé les conditions, le résultat vient en second.

Mais est-il possible de considérer un projet de la même manière ? Sommes-nous invités à nous joindre à un projet ? J’aurais tendance à répondre “oui”. En fait, cela se passe beaucoup dans la tête: nous sommes invités si nous avons envie de nous sentir l’être. Mais c’est juste un avis personnel. Je vous invite à lire le white paper accessible sur le site host leadership.

Cyrille Martraire : Code legacy : Faire évoluer ou réécrire ?

Cyrille est un adepte fervent du DDD et un membre actif de la communaute du software craftmnship. Aujourd’hui il vient évoquer avec nous les stratégies de travail sur le code hérité (legacy code). Cette présentation s’appuie sur un projet mené chez Sungard autour d’un système d’asset management. Nous parlons ici d’une application vieille de 20 ans lourde de 20 millions de lignes de code avec des procédures stockées, des EJB2, etc…

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Mais qu’appelle-t-on “code legacy” ? Pour Michael Feathers, du code hérité n’a pas de tests. Si l’on se calque sur cette définition, du code hérité n’a pas besoin d’être vieux pour être considéré ainsi !

Alors, faire évoluer ou récrire ?

Il faut regarder les choses avec lucidité: espérer que tout soit “beau” un jour est illusoire. Ca n’arrive pas !

Le postulat de départ est donc : on garde tout ! Mais pour faire évoluer en gardant l’existant, il faut se munir de tests, d’une manière ou d’une autre. Comment faire ?

Je vous présente le “Software Testing Ice-Cream Antipattern” ! On commence par le haut: si on a rien, on fait des tests manuels. Puis on essaie d’automatiser les tests par l’IHM. Dès que le découpage en couches devient à peu près présentable, on passe à des tests d’intégration pour tester les API. Enfin quand le niveau de découplage interne le permet (le plus souvent jamais) on met en place des tests unitaires !

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Bien sûr, c’est très coûteux, et l’orateur évalue le différentiel de vélocité de 1 à 4 par rapport à du code neuf écrit en TDD.

Et s’il faut réécrire, doit-on réécrire ?

Pas toujours. C’est la fameuse question du “make vs buy”. Si le processus métier habillé avec le logiciel est un différenciateur de l’entreprise, alors il faut faire ! Comment se différencier en pratiquant la même chose que les autres ? Si ce n’est pas différenciateur, alors il faut essayer d’acheter. Oui, mais le logiciel sur étagère ne corresponds pas exactement à ce que je fais … N’essayez pas d’adapter, même si l’éditeur dit que l’on peut, même si de nombreuses société qui sont prêtes à vous vendre du conseil disent que l’on peut (et qu’elles peuvent vous “aider”). Ou alors, faites-le à minima, faites votre possible pour plutôt adapter vos processus au logiciel. De toute façon, ce ne sont pas eux qui vous rendent différenciant, ce sont des centres de coût.

Visualiser

Il est bien rare que l’on doivent intervenir partout en même temps dans du code hérité. En fait cela concerne le plus souvent un volet précis de l’application : une phase de traitement, de nouveaux instruments financiers, etc…

La première étape que nous propose Cyrille est de visualiser le flux métier. A l’image de ce que l’on montre lorsque l’on construit une story map (là c’est moi). Il s’agit de donner de la structure. Sur celle-ci s’appuient des fonctions secondaires et des concepts. C’est le travail péparatoire qui va nous permettre de passer à la suite. Ce que Martin Fowler appelle l’Asset Capture.

A partir de là, il va falloir identifier le ou les assets concernés par l’évolution.

Comment intervenir

Quand on part d’un legacy à priori inconnu, il y a une démarche logique pour aborder la bête :

  1. Lire la documentation
  2. Interroger les anciens qui la connaisse peu ou prou.
  3. Utiliser l’application.
  4. Lire le code.
  5. S’essayer dessus en fixant des bugs.

Le principe de base des évolutions, est de ne pas essayer de faire plusieurs choses en même temps. Il faut y aller prudemment, s’insérer dans l’existant même si on n’aime pas ce que l’on voit. Des conseils souvent prodigué dans les Reengineering Patterns.

Comment s’organiser

Comment pensez-vous procéder : en opérant une réécriture iso-fonctionnelle ? Sachez-le, personne ne paie pour cela.

Une réécriture s’accompagne toujours d’une certaine dose d’évolutions. Oubliez l’idée d’une équipe refonte constituée de pur techos, il va falloir une vrai équipe projet regroupant des compétences diversifiées (analystes, testeurs, etc…).

Maintenant il faut se mettre au boulot !

Strangler application

Le pattern préféré de Cyrille est le Strangler Application Pattern, lui aussi décrit par Martin Fowler. Comme son nom l’indique, ce pattern consiste à “étrangler” progressivement l’application existante en envoyant les traitements qui ont été réécrits vers la nouvelle application. Le point faible étant ce dispatching qui doit alors exister dans l’ancienne application, nécessitant un refactoring pas nécessairement négligeable… Les deux points clés de l’approche sont:

  • Le décomissionement des concepts : on travaille concept par concept, et on switch complètement l’un d’entre-eux quand il est prêt dans la nouvelle application. C’est donc mieux quand les concepts sont assez atomiques.
  • Le “feature toggle” qui doit permettre le basculement vers la nouvelle application. Attention, parfois cela se passe mal, il est alors souhaitable dans ce cas de pouvoir revenir en arrière.

Bubble context

Le développement de nouveaux concepts s’opère dans une “bulle” isolée des adhérences avec l’existant, du moins autant que faire se peut. C’est l’Autonomous Bubble Context décrit par Eric Evans.

Isolé du monde legacy, le développement s’opère comme un nouveau développement, en TDD & BDD. Entre l’ancien et le nouveau monde, une Anti-Corruption Layer isolée vers le haut par une API et par le base par une SPI, opère comme un sas entre les deux environnements.

Quelques points clés à ne pas oublier :

  • Se faciliter la vie en ayant un certin niveau de mapping avant l’existant. On pense surtout ici au mapping avec la base de données.
  • Décréter le “freeze” de l’existant : toute évolution doit s’opérer dans une Bubble Context. On touche seulement à l’existant pour opérer des renvois vers la bubble context.
  • Ne pas oublier qu’une bulle n’a qu’un temps. Avec le passage du temps, elle-même deviendra du legacy à son tour un jour.

Pour résumer la stratégie de réécriture, l’orateur nous résume la chose :

Réécriture = Frontières clairement définies + stratégie d’étranglement + intégration minimale.

Je n’ai pas exactement le support que Cyrille a utilisé, mais un très proche. Le voici 

Lectures recommandées

Essentiellement 3 ouvrages à connaitre. Ils sont tous sur mes étagères mais n’ont pas encore fait l’objet d’une note de lecture publiée :

Vous pouvez également lire l’excellent retour de Vincent Uribe sur cette session, sur le blog Soat.

Break !

Le début de matinée a déjà été bien rempli. Il est temps de faire une pause. C’est une occasion pour reprendre contact avec les uns et les autres. On est là aussi pour ça.

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C’est aussi la pause pour la publication de mon retour d’Agile France. Nous sommes agiles, on va faire tout ça de manière itérative, que diable ! Rendez-vous bientôt pour la suite de mes périgrinations agilistes.

Note de lecture : How to Change the World, par Jurgen Appelo

Note : 6 ; Court, mais passionnant et instructif

Plutôt qu’un livre, c’est un livret de l’aveu même de l’auteur. Long, ou plutôt court de 70 pages et un petit format. Il vous durera 1 journée de lecture bien assidue ou plus si, comme moi, vous le lisez à dose filée. L’auteur de Management 3.0 n’a pas perdu la main, c’est sûr : c’est bien écrit, pertinent et ça repose sur des références sérieuses !

S’agit-il vraiment de changer le monde ? Parce que là, ça ne paraît pas très sérieux ! En fait, il s’agit plutôt de changer une organisation ou une entreprise. Donc un petit monde. Mais si 500000 personnes font de même, là peut-être… Mais nous n’allons pas extrapoler aujourd’hui.

Pour Jurgen Appelo, impulser un changement c’est agir sur un système complexe (un des thèmes favoris de l’auteur) en travaillant sur 4 aspects. Le premier chapitre, long de 8 pages expose cette approche dans ses grandes lignes.

D’abord « danser avec le système ». C’est le sujet du second chapitre et couvre 11 pages. Pour cela, Jurgen a un modèle (ou plutôt il en emprunte un). D’ailleurs, l’auteur a un modèle pour tout ! C’est beau la technique… Ici, c’est le modèle PDCA, la fameuse roue de Deming,

Après (ou en même temps, ou avant) avoir travailler sur le système, il faut travailler sur les personnes, créer la volonté de changer. Dans le chapitre 3 qui est dédié à ce thème, Jurgen nous présente le modèle ADKAR (Awareness, Desire, Knowledge, Ability, Reinforcement) pour amener les personnes de la prise de conscience à l’action. 12 pages sont consacrées à cela.

Une organisation, ce ne sont pas seulement des personnes, ce sont des interactions entre ces personnes. Le chapitre 4 vaillamment intitulé « stimulate the network » s’appuie sur la courbe d’adoption des technologies (la fameuse courbe de Moore avec son fossé) pour aborder les différentes populations. C’est ce qu’aborde la substance de ce chapitre : innovateurs, early adopters, early majority, late majority et laggard. A chaque population, son approche ! 11 pages suffisent au propos.

On finit ce tour des aspects par l’environnement. Sur ce volet, l’auteur emploie le modèle des « 5 I ». Il y en avait 4 à l’origine, mais il en a rajouté un : Information, Identity, Incentives, Infrastructure et Institution. Le vilain petit canard est « Infrastructure ».

Le chapitre de conclusion remet tout cela en perspective.

C’est vraiment un petit opuscule, qui nous donne un peu l’impression de manger un bonbon acidulé : le goût est bon, mais il ne dure pas longtemps. Pourtant la substance est là, et je pense qu’elle va me servir de boussole quand je devrais aborder des questions d’agilification d’entreprise ! Un dernier point que j’ai bien aimé et m’aidera certainement : la check-list figurant en fin de chacun des 4 chapitres principaux.

Jurgen Appelo avait fait une présentation sur le thème de ce livre (pardon, livret)lors du printemps agile à Caen. Vous trouverez ici mon résumé sur cette présentation, ainsi que le support visuel de l’auteur.

Voilà un petit qui vaut chaque minute que j’ai passé à le lire !

how-to-change-world

Référence complète : How to Change the World, change management 3.0 – Jurgen Appelo – Jojo Venture BV 2012 – ISBN : 9789081905114

Il existe aussi un traduction française, faite par Yannick Grenzinger disponible en eBook chez Lulu.

How to Change the World: Change Management 3.0

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Note de lecture : Agile Coaching, par Rachel Davies & Liz Sedley

Note : 5 ; Une vision claire de ce qui est nécessaire à un projet agile, mais un texte plutôt entre la conduite de projet et le coaching proprement dit.

Coacher une équipe pour la rendre agile est sans aucun doute un exercice difficile. Que faire ? Comment interférer, comment aider l’équipe à se prendre en main, à quel moment faut-il faire preuve de fermeté ? Bref, faire les bonnes actions, adopter les bonnes approches et les bonnes attitudes ne sont pas choses aisées et la frontière entre le succès et l’échec est parfois bien mince.

L’objectif de ce nouvel opus des pragmatic programmers est d’aider le coach à agir de manière opportune le long des pratiques agiles classiques. L’écueil de ce type d’ouvrage est de tomber dans une nouvelle description des pratiques agiles en négligeant la façon dont le coach doit ou peut entreprendre l’équipe sur chacun de ces sujets.

Je ne vais pas revenir sur chacun des chapitres, il y en a 14, pour 200 pages, sachez donc que la brièveté des chapitres joue en faveur de l’efficacité du texte et donne un rythme à la lecture, celle-ci n’est donc pas pesante. Je peux toutefois dire quelques mots à propos des 4 parties qui découpent le livre.

La première partie (ainsi que la dernières) sont celles qui concernent réellement la partie coaching « humain ». Les 4 chapitres couverts sur 58 pages sont consacrées au travail avec les personnes et avec les équipes. Le parti pris est ici de « coacher par l’exemple » et non de se ternir en retrait. Bien sûr l’observation, le feedback et la communication font partie des outils abordés. C’est fort peu à propos que je parle d’outil, car le texte montre plutôt des directives et si j’ai certaines idées générales une fois la dernière page tournée, je me suis quand même senti plutôt démuni.

La seconde partie nous montre clairement que l’expérience des auteurs vient plus des projets agiles que du pur coaching. En effet cette partie est consacrée aux pratiques de projet : planning meeting, stand-up, etc… Le tout sur 4 chapitres et un nombre de pages qui va de pair avec la première partie. Ici on est en terrain solide et les auteurs savent parler de la matière. Dommage que la matière n’ait plus l’attrait de la nouveauté car ces sujets ont déjà été largement traités par ailleurs. Le texte est intéressant mais devrait prendre place dans un ouvrage sur les projets agiles plus que dans un texte consacré au coaching.

Un pas plus loin, la troisième partie traité des pratiques de craftmanship : qualité du code, build, définition du « done ». Là encore les auteurs connaissent leur sujet, mais on en est plus à donner des conseils sur les pratiques de développement qu’à guider l’équipe ou ses membres.

La quatrième partie est dédiée au feedback : démo, rétrospective et progression du coach lui-même. Le chapitre sur la démo est dans la continuité des chapitres précédents, donc d’avantage lié à la conduite de projet qu’au coaching tandis que le chapitre sur la rétrospective, s’il est plus dans la continuité de ce à quoi je m’attendais n’est qu’un condensé de « Agile retrospective » d’Esther Derby, lecture que l’on préfèrera. Cette partie me laisse un goût d’inachevé.

Au final, le bilan est assez mitigé. J’ai trouvé que l’ouvrage insistait trop sur les pratiques déjà bien connues : standup, planning meeting, rétrospectives, démonstrations, ainsi que sur les activités d’ingénierie (build, design, tests). Fort heureusement, le tout est émaillé de conseils et d’histoires venant de l’expérience des auteurs. Mais ceux-cis ne constituent pas une part assez importante du livre à mon goût. J’avoue avoir quand même apprécié les sections « hurdle » et « check-list » à la fin de chaque chapitre.

Si je semble quelque peu déçu (et peut-être un peu sévère dans a notation), c’est sûrement que j’attendais beaucoup de ce livre en particulier et du « pragmatic bookshelf » en général, dont la qualité s’avère quand même élevée de manière récurrente. Mais je n’irais pas jusqu’à déconseiller la lecture de ce livre. Au pire, vous y aurez appris des choses sans consacrer trop de temps à la lecture !

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Référence complète : Agile Coaching – Rachel Davies & Liz Sedley – Pragmatic Bookshelf 2009 – ISBN : 978 1 93435 643 2

Agile Coaching


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