Note de lecture : Agile Software Development with Distributed Teams, par Jutta Eckstein

Note : 3 ; Très loin de ce que j’espérais…

Sans jamais avoir lu aucun de ses livres, mais en ayant croisé son nom à de multiples reprises, j’avais mis beaucoup d’espoirs dans le texte de Jutta Eckstein. La caution « Dorset House » ajoutant encore un peu à cela. Une attente d’autant plus importante que la fameuse mode du « scaling agile » ne donne rien de réellement convainquant, la plupart des approches misant sur le processus plus que sur le savoir-être agile.

Hélas, ici encore, c’est surtout de processus qu’il est question ! Le corps du texte tient en 220 pages, constitué en 10 chapitres. On ouvre le bal avec « getting started » qui campe la structure du livre en 5 pages. Passons. Au chapitre 2 « assessing agility and distributed projects », l’auteur nous présente sur une quinzaine de pages des généralités sur les différentes catégories (structures) de développement distribué d’une part et les bases de l’agilité d’autre part. Certainement utile et bien écrit pour des débutants mais je n’y ai rien appris.

Le 3ème chapitre « building team » est plus conséquent avec 25 pages. On y fait la différence entre la feature team (équipe pluridisciplinaire à un seul endroit) et l’équipe dispersée où les compétences nécessaires à une réalisation sont réparties sur plusieurs localisations. Si l’auteur insiste à juste titre sur la nécessité de se connaître sur le plan individuel, j’ai été plus déçu par le focus important donné aux rôles qui occupe la dernière partie du chapitre.

Le chapitre 4 est consacré à la communication et à la confiance, des aspects clés à mon avis. Y sont consacrés près de 25 pages. Là encore je n’y ai pas trouvé la pépite que j’attendais. D’abord la question de la confiance est évacuée for légèrement en 3 pages, puis on se focalise sur les meetings, leurs différentes sortes, les différents moyens de les tenir et les moyens de communication que l’on peut utiliser. C’est surement utile, mais ça ne fait pas briller les yeux.

Moins d’une vingtaine de pages sont consacrés au chapitre 5 « keeping sites in touch ». Le propos est centré sur le « management by flying around » qui veut bien dire, ce qu’il veut dire. La notion d’ambassadeur, clairement intéressante, est abordée. C’est certainement une idée à garder même si elle n’est pas nouvelle pour moi.

20 pages aussi pour le chapitre 6 « ensuring development and delivery ». Ca parle beaucoup processus et outils. Un sujet d’agacement, la notion de « done-done » que promeut l’auteur, solution-pansement au « done » mal ficelé de l’équipe. Pour ce qui est des outils, outre que l’on est resté à Subversion, l’outil de la décennie précédente, Jutta Eckstein défend l’idée de la nécessité d’une équipe d’intégration sur des projets de grande taille. Cela avalise ce que j’ai pu voir par ailleurs.

J’attendais avec une certaine impatience le chapitre 7 « ensuring business value » et ses 30 pages. C’est probablement la déconvenue la plus importante de l’ouvrage. On y évoque la levée des ambiguïtés des spécifications, les estimations (le planning poker n’est pas loin) et bien évidemment la vélocité. J’ai bien cherché en vain où l’on parle réellement de valeur. On frôle le niveau zéro de l’agilité.

Le chapitre 8 consacre environ 26 pages à évoquer le sprint review et la rétrospective. De toute façon, ça ne pouvait pas être pire que le chapitre 7. On y récolte quelques petites choses pour opérer ces deux cérémonies en mode distribué. Nous accorderons une mention « passable » à ce chapitre.

Par « honing practices » qui est le titre du chapitre 9, il faut entendre pratiques de développement (essentiellement). Pour l’auteur, c’est du côté de XP qu’il faut regarder. Très bien. Mais le texte n’apporte cette fois encore pas d’idées supplémentaires. Quand au paragraphe traitant du CMMi il me semble carrément inutile.

Le dernier chapitre a trait à l’injection de l’agilité dans un projet existant. Une quinzaine de pages y sont consacrées. On y trouve des idées intéressantes sur les stratégies possibles. Hélas peu d’espace y sont consacrées et le livre se referme déjà.
« frustration » est le mot qui me vient à l’esprit. Le livre ressemble à une poignée de sable que l’on essaie de saisir mais nous glisse entre les doigts. On ne garde pas grand chose dans la main une fois la dernière page tournée !

Je ne recommande pas.

Agile Software Development with Distributed Teams

Référence complète : Agile Software Development with Distributed Teams – Jutta Eckstein – Dorset House 2010 – ISBN : 978 0 932633 71 2

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