Le bitcoin sous toutes ses faces !

En cette fin Janvier, le meetup Product Tank nous proposait un programme tout à fait prometteur : 3 invités venus pour nous présenter le bitcoin sous 3 perspectives différentes ! Sébastien Levaillant a fait un travail remarquable pour organiser cela. Travail mal récompensé par une participation plutôt faible : seulement 25 personnes présentes sur les 75 inscrits !

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Bien sûr, le sujet est moins cliquant que lorsque l’on invite le Product Manager d’un commerce en ligne très en vue. Toutefois le sujet est au moins aussi intéressant, plus même dans ce cas précis, car on se situe là en pleine innovation économique !

Il est temps de s’élancer avec notre premier orateur.

Le Bitcoin, par Stanislas Marion

C’est à Stanislas que revenait l’exercice de nous présenter le Bitcoin ! D’abord qu’est-ce que c’est ? Et à quoi celà sert-il ?

A la découverte du bitcoin

Le Bitcoin, oui c’est une monnaie virtuelle, mais surtout un protocole peer to peer ne nécessitant pas de tiers de confiance, donc pas de banque (d’ailleurs pas toujours dignes de confiance). En cela Stanislas nous présente le bitcoin comme l’avancée la plus importante sur la gestion des comptes depuis la comptabilité à double entrée apparue à la fin du 15ème siècle ! A la différence des autres monnaies virtuelles jusqu’ici, le bitcoin adresse de manière fiable le problème du double spending. Il faut d’ailleurs préciser, pour briller dans les salons qu’il existe 2 bitcoins :

  • Le Bitcoin (B majuscule) : c’est le protocole.
  • Le bitcoin (b minuscule) : c’est la monnaie.

En parlant de protocole, celui-ci s’appuie sur un élément majeur : la Blockchain, la base de données contenant l’historique de toutes les transactions bitcoin. Cette base de données n’est pas centralisée : elle est dupliquée sur tous les noeuds du réseau bitcoin. La validation des transactions se base sur le consensus entre tous les noeuds du réseau bitcoin, en lieu et place du processus basé sur la « confiance ».

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Minons le bitcoin

Les bitcoins, ça se génère, ou comme l’on dit dans le jargon : ça se mine ! Tout le monde peut miner des bitcoins, en fait cela génère même une forme de compétition entre mineurs. Celle-ci n’est pas anodine car le minage demande beaucoup de puissance de calcul, il s’agit en fait de la résolution d’un problème mathématique dont la difficulté augmente progressivement, environ tous les 15 jours. Finalement « tout le monde » n’est pas le mot juste, le minage demande beaucoup de ressources matérielles (pour « gagner »), de l’énergie aussi car le but est que le minage soit effectivement coûteux, ce qui n’est guère écologique.

Le minage ne sert pas seulement à fabriquer de nouveaux bitcoins, il sert à valider les transactions en les attachant à la Blockchain. Cette Blockchain ne représente pas seulement l’état du marché, mais l’historique complet des transaction. Même si bitcoin permet un certain anonymat, l’argent lui est complètement tracé !

Bref, le bitcoin, c’est :

  • Open-source : on peut tester le code du bitcoin !
  • Décentralisé : pas d’autorité faisant foi. La validation est basée sur un consensus et une connaissance partagée.
  • Une complète transparence des mouvements d’argent : tout le monde peut savoir d’où vient quel montant.
  • Fondé sur des mathématiques solides. Les incentives économiques paraissent saines, du moins jusqu’à présent.
  • Une simplification des risques.

Mythes et état de l’art

Un certain nombre de croyances gravitent aujourd’hui autour du bitcoin. Voyons cela.

  • Les transactions sont gratuites. Ce n’est pas la cas, par contre le coût est encore inconnu car nous sommes actuellement en phase de «  bootstrapping ». La validation des transactions est récompensée par des bitcoins « fabriqués » pour l’instant. Dans 20 ans, quand le bootstrapping sera terminé, il faudra effectivement payer la validation des transactions.
  • Le mining dépense de l’énergie inutilement. En fait la « dépense d’énergie » est la façon de sécuriser le bitcoin. C’est un facteur qui ne peut être fraudé !
  • Les transactions sont anonymes. En fait, on devrait dire qu’elle dépend de notre capacité à nous anonymiser ! Un facteur de moins en moins évident aujourd’hui et qui demande une forte technicité.
  • Le bitcoin c’est sûr car c’est crypté. Non, on peut se faire vider son compte bitcoin ! Un bitcoin c’est une clé privée sous forme de chaine de caractères. Elle figure localement chez vous. On peut s’en faire voler le support physique !
  • Le bitcoin est techniquement supérieur à tout le reste ! En fait son succès est lié au fait que son principe a un sens économique.
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Tout n’est pas complètement aboutit quand on parle de bitcoins.

La technologie qui l’entoure est encore immature. Son « utilisabilité » est réservée aux personnes avec de solides connaissances techniques. Mais cela change beaucoup depuis un an. Des solutions facilitant la gestion de la sécurité apparaissent. Nous allons en voir une en 3ème partie.

En bref

Très bonne première partie, même si elle est un peu menée tabours battants, pour prendre connaissance des essentiels du bitcoin.

The Bitcoin blockchain, a new way to secure social interactions par Oleg Andreev

Le bitcoin c’est avant tout une nouvelle façon de penser notre présence sur l’Internet.

  • En 2000, la question était : Quelle est notre stratégie Internet ?
  • En 2005, c’était : Quelle est notre stratégie des réseaux sociaux ?
  • En 2015, c’est maintenant : Quelle est notre stratégie bitcoin ?

Une « ligne » bitcoin, c’est essentiellement 4 éléments:

  • Une origine, qui peut être une personne (via sa clé publique) ou un programme.
  • Une signature de la transaction.
  • Une destination, elle-même pouvant être une personne ou un programme.
  • Et bien évidemment : un montant !

Les transactions sont chainées entre elles : le destinataire de la première étant nécessairement l’origine de la suivante. Ainsi la Blockchain n’est pas une construction miraculeuse, elle adresse simplement bien certains problèmes tout en n’étant pas adapté à d’autres. Oleg l’illustre avec le cas d’un achat de places de cinéma :

  • Cet achat est « local », il n’a aucun sens a être connu à l’échelle planétaire.
  • Ce type d’achat est fréquent, on parle de dizaines de milliers de places par minutes à l’échelle du globe.
  • Il n’y a pas de revente. Donc suivre cette transaction dans le temps a peu d’intérêt.
  • La gestion de ce type de vente est centralisé.

A l’inverse de, par exemple, une action boursière, l’achat et la vente de ce type de produit n’ont pas de sens dans l’univers bitcoin.

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Quand bitcoin redéfinit…

Oui, il redéfinit certaines choses, à commencer par la possession.

Aujourd’hui la possession est définie par l’accès physique, donc également notre capacité à protéger celle-ci, ce qui nous amène vers des considérations de hiérarchies, de lois, etc… Bref comme le dit si bien Oleg : « big guys win ». Toujours.

Avec la Blockchain, la possession est définie différemment, elle est définie par la connaissance : une simple base de données synchronisée partout.

Le bitcoin redéfinit également la responsabilité : alors détenue par une autorité centrale, elle revient vers l’utilisateur.

Enfin, la Blockchain redéfinit la notion de contrat. Elle n’est plus assurée par un système légal mais par la sécurité intrinsèque du système.

La décentralisation que permet la Blockchain nous projette dans un monde où là où des autorités contrôlant nos échanges seront remplacés par des systèmes décentralisés.

En bref

Oleg nous a un peu surpris, finalement en se détachant du bitcoin lui-même pour se focaliser sur la Blockchain et évoquer toutes les nouvelles perspectives qu’offre cette plateforme, au-delà de la monnaie.

Ledger Wallet par Eric Larchevêque.

C’est bien en parlant de produit que nous allons terminer cette rencontre : Eric, qui est également le créateur de la maison du bitcoin, est venu nous parler de Ledger, une solution simple pour traiter de manière sérieuse les problèmes de sécurité que pose le bitcoin !

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Pour Eric, le bitcoin c’est aussi et surtout une réinvention de l’identité. On peut désormais avoir une infinité d’identités numériques… à condition de savoir préserver son « secret ». Et cette sécurité est un sujet très complexe.

Ledger se présente comme une solution de sécurité dans un contexte Blockchain. Concrètement, il s’agit d’une smart card (la carte à puce n’a-t-elle pas été inventée en France ?), qui n’est pas une simple carte mémoire, mais un ordinateur complet avec son propre système d’exploitation et particulièrement résistant aux attaques. Cela me rappelle un peu le module de sécurité des concentrateurs Linky …

Cette smartcard n’expose jamais le secret, elle valide elle-même les transactions. En fait, même sa signature RF est indétectable. Nous avons parlé d’une infinité d’identités numériques : Ledger est capable de les générer sur la base d’un générateur d’identités digitales s’appuyant sur un code sur 256 bits, lui-même issu d’un code formé de 24 mots (ceux-là il ne faut pas les perdre).

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En bref

C’est vrai, cette dernière présentation était particulièrement attrayante. Sans doute parce qu’on nous y montre un produit réel ! Au fait, combien coute-t-il ? pas très cher, en fait : 34 euros !

Il n’y a pas de magie dans ce prix. L’objectif est bien la démocratisation du bitcoin, et cela nécessite au moins deux facteurs :

  • Une simplification de l’usage. C’est l’objectif avoué de Ledger.
  • Un coût d’acquisation des produits et applications de support marginal. D’où le prix !

Alors oui, il va falloir en vendre beaucoup ! Mais Ledger vise aussi le marché de renouvellement avec les technologies émergentes : NFC et même TEE !

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