Le doute est le commencement de la sagesse.
Scrum Shu Ha Ri, la présentation
« On a pas mal de nouveaux venus à l’agilité, et on n’a pas beaucoup de sessions pour eux ». C’est ce que Jean-Luc Lambert me disait à propos de ce Printemps Agile 2014. En fait, je fais peu de sessions d’initiation, ce n’est pas ce que je préfère. Puis j’ai repensé à mes expériences récentes et ma façon d’appréhender Scrum comme un framework à même de nous accompagner du débutant à l’agiliste expérimenté.
Ainsi est née cette présentation « Scrum Shu Ha Ri ». Il n’est pas certain que j’aurais l’occasion de la resservir, ce n’est en tout cas pas prévu pour l’instant.
Le thème est inspiré du « Shu Ha Ri » présenté par Alistair Cockburn. J’ai en quelque sorte « instancié » ses idées à l’image que je me fais de Scrum.
J’escompte aussi pouvoir vous proposer plus tard cette présentation sous forme d’article, comme je fais parfois. Il vous faudra quand même patienter un peu.
Carnet de route : Le Printemps Agile 2014 à Caen (2/2)
Suite de ma visite au Printemps Agile.
Pause déjeuner !
Je m’en veux un peu : d’habitude je fais 2 ou 3 photos à ce moment-là. Ca fait un peu “ambiance” et ça change des photos des sessions qui finissent toutes par se ressembler… pas de chance, ou plutôt gros oubli de ma part : je n’en ai pas à vous partager !
Pause de courte durée par ailleurs, nous arrivons pour racler les plats … et repartir bientôt vers de nouvelles aventures
Sophrologie avec Céline Desmons
Une session / atelier bien curieuse que celle-ci ! D’abord quelques mots sur la sophrologie.

Fondé en 1960 par Alfonso Caycedo, un psychiatre Colombien, il s’agit d’une approche psychocorporelle associant le mental (pensées et émotion) et le corps. Elle s’inspire des techniques orientales telles que le Yoga ou l’hypnose déjà présents dans le Boudhisme Thibétain par exemple. Vous suivez ? Tant mieux, car moi plus tellement…
Céline nous propose une mise en pratique pour prendre conscience de notre corps. Désolé mais malgré les efforts de l’animatrice je m’avoue très peu convaincu…
Un géant peut-il être agile ?
Elodie et Emmanuel, tous deux chefs de projet / scrum masters chez Orange présentaient cet atelier. J’avais fait la connaisance d’Elodie juste quelques heures avan,t en allant chercher Géry à l’hôtel. Elle-même et Christophe Keromen ont ainsi profité du transport.

L’exercice du retour d’expérience n’est finalement pas si facile : il faut d’abord rendre cela intéressant, et il faut aussi faire preuve d’honnêteté et d’objectivité. Celui-ci s’en tire plutôt bien et la franchise dont font preuve les deux orateurs est rafraichissante.

L’agilité chez Orange
L’agilité chez Orange, c’est une décision du groupe ! Peut-être est-ce pour cela qu’on y consomme tellement de coaches agiles ? Par ailleurs, “agile” ne signifie pas la même chose partout dans le groupe. Voyons ce qu’Elodie et Emmanuel ont à nous dire sur ce qui se passe chez eux.
Les projets, même agiles, tels que nous les présente Emmanuel ont une forte coloration « classique »: on parle de « points de visibilité », de demandes de changements, l’orateur parle même d’effet tunnel !
Ce qui chiffonne plus encore c’est l’identification du PO. On semble en plein syndrome du « proxy PO » qui n’a pas de pouvoir décisionnaire et est en fait un AMOA à l’ancienne ! Le sponsor (le vrai PO) existe mais n’est pas disponible.
Ils ont essayé…
Quand l’environnement est fortement contraint, on en est réduit aux « petites victoires ». Par exemple.
Etre agile dans le cercle interne : Le projet tourne à l’ancienne, mais au moins l’équipe de développement emprunte des pratiques agiles. Il faut dire que l’environnement, il est un peu lourd…

Une gestion de changements à deux niveaux. Les demandes de changements étant un peu lourdes (elles sont « à l’ancienne »), on arrive à simplifier la procédure pour les petits changements (alors qualifiés d’agiles).
La « trade-off matrix » : elle permet de partager le niveau de volatilité des différents axes du projet.

La check-list pour se lancer, avec:
- Un kick-off via des jeux
- La marketing qui présente sa vision et les enjeux. Que se passe-t-il si on ne fait pas le projet ?
La priorisation via le backlog. Avant il y avait les fonctionnalités classées en P0, P1 et P2, donc avec le gros de la troupe classé en P0 et presque rien en P2 ; les équipes sont parvenues à basculer vers un mode « backlog ordonnancé » : belle victoire !
Visiblement
Visiblement, l’agilité est arrivé par le top management (pour quelles motivations ?), déclenchant l’embauche de hordes de coaches. Elle a convaincu au moins certaines équipes. Mais entre les deux, le middle management est bien décidé à résister et à mener (et contrôler) la barque comme avant.
Cela ne veut pas dire que rien n’est possible. Les équipes sont parvenus à progresser sur certains fronts et même à convaincre avec certains outils (les jeux, le management visuel), tandis que d’autres échouent à se mettre en place, comme les rétrospectives.
Break
Dernière pause avant la dernière session et la rétrospective !

J’en profite pour alimenter le « mur de la rétrospective ». En fait, Géry et moi n’allons pas retourner dans une session, nous préférons utiliser ce temps-là pour échanger. Je remarque une chose : dans les conférences assez matures, il traine pas mal de monde dans les espaces d’échange pendant les sessions. Les conférences plus récentes voient cette population plus restreinte. A Caen, Géry et moi étions seuls !
Peut-être il y a-t-il ici une opportunité de faire évoluer la formule ? Il y a pas mal d’étudiants sur place, pourquoi ne pas ménager un petit open-space qui serait très bénéfique à cette population ?
Rétrospective
Tout comme l’ice-breaker du matin, voici une nouvelle originalité proposée par la conférence Bas-Normande ! Nous voici de nouveau réunis dans le grand amphi pour une rétrospective animée par Myriam Boure. Jean-Luc a été bien aidé dans l’organisation de ce Printemps Agile. La gentillesse et l’énergie de Myriam ont probablement été parmi les apports les plus remarqués.

On s’appuie sur le « mur de post-it » qui était à disposition durant toute la journée. Les points remarquables sont pour moi l’ice-breaker, cette rétrospective mais aussi le concept de « participation libre » qui sont tous trois uniques à cette conférence. Sans compter l’ambiance et le programme ! Le point faible est sans aucun doute le déjeuner. Mais comme chauque édition propose son lot d’améliorations, je ne m’en fais pas trop.

Faire une retrospective à 200, ce n’est pas chose aisée. Peut-être faudrait-il envisager une rétrospective par petits groupes comme nous avions fait à Agile Game France ?
Stop ? Encore !
En tant que « local de l’étape », je fais le taxi pour mes confrères. Je dépose Géry et Christophe Kéromen à la gare. Les bretons et le Lyonnais (!) ne reournant dans leurs pénates que le lendemain, nous décidons de terminer cette journée dans un bar sur les quais de l’Orne, où nous rejoignent Jean-Luc et Myriam.

Une belle conférence, qui me permet de voir l’Agilité progresser à grand pas à Caen ! Jean-Luc nous promet une nouvelle édition l’an prochain, je la voie déjà prendre de l’ampleur…
On en parle aussi ici…
Le retour De Christophe Keromen, sur le Blog Coactiv
L’histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord.
97 Things Every Project Manager Should Know
J’avais publié une note de lecture sur cet ouvrage. Il est aussi disponible en eBook. En fait, le texte en licence Creative Commons. Bonne lecture !
La réalisation collaborative de ce texte s’est faite au travers d’un Wiki.
Kniberg au Scrum Gathering Paris 2013 : Cullture over Process
Henrik Kniberg faisait la keynote d’ouverture lors du Scrum Gathering à Paris en Septembre dernier. La vidéo est en deux parties : la première est ci-dessus et la seconde , ci-dessous !
“Happy people build better products … and better products makes people happier !”. Telle est l’introduction qu’Henrik Kniberg nous assène. Mais quand une compagnie grandit, sa capacité à conserver des employés heureux diminue.
Une fois de plus, c’est de Spotify dont nous parle Kniber avec les clés suivantes:
- Pour persister : l’agilité doit devenir une culture plutôt qu’un process.
- Au fur et à mesure que la maturité d’une organisation grandit, la vision “shu” de Scrum devient un obstacle. Il faut abandonner certaines pratiques pour passer aux niveaux Ha et Ri.
- Les Scrum Teams deviennent des “squads” ; l’autonomie qu’on leur accorde est une clé importante.
- Attention à ce que l’autonomie ne devienne pas de l’autarcie : la communication entre squads doit être cultivée.
- L’autonomie ne signifie pas discordance : l’alignement avec un leadership fort est possible !
- L’autonomie a des impacts sur le découpage architectural du produit.
- Passer d’une culture de la crainte de l’échec (Netflix) à une culture de l’apprentissage au travers de l’échec.
- Le contrôle favorise la stabilité, mais empêche l’innovation.
- Le contrôle se focalise sur la vélocité alors que ce sont les mesures de la valeur et de l’impact qui importent.
Ne ratez pas la conclusion de Kniberg sur le dernier slide : des conseils concis à suivre absolument.
How does a project get to be a year late? One day at a time.
Carnet de route : le Printemps Agile 2014 à Caen (1/2)
J’avais participé à l’édition précédente (vous trouverez mes comptes-rendu ici et ici). Cette année je suis de retour, mais comme je l’avais annoncé, cette fois comme orateur !
Ce Printemps Agile a d’ailleurs pris pas mal d’ampleur. C’étaient 70 personnes qui s’y étaient inscrites l’an dernier. Nous voici rendus à plus de 200 ! Même avec un peu moins de présents (un peu plus de 150, semble-t-il), car l’évènements étant gratuit, nous subissons le phénomène du désistement, cela reste un sacré succès. Par rapport à l’an dernier, l’équipe d’organisation s’est aussi bien étoffée. Je pense à Emilie Sulmont et Myriam Boure, mais aussi aux étudiants de Jean-Luc !
Un Marshmallow pour commencer ?

Passé le traditionnel accueil, non nous n’avons pas droit à l’habituelle keynote. Désolé mais le créneau dévolu à entretenir l’égo d’un quelconque gourou, ce n’est pas le genre du Printemps Agile !
Au programme, on nous a prévu un agile game, un classique, avant tout, avant même le petit mot d’introduction. Franchement j’étais perplexe sur la faisabilité de cette idée : des gens qui arrivent, doivent se mettre dans le rythme, ont envie de boire leur petit café…

Eh bien non, j’ai eu tord. L’idée est franchement géniale ! On s’est rapidement mis en mouvement sur une quinzaine de tables.

Comme c’est souvent le cas, les essais et réussites sont très diverses. Depuis la tentative, disons modeste…

… Jusqu’aux plus ambitieuses (ça ne marchera pas).

Le team gagnat aura plutôt fait dans le simple, avec une oeuvre tout bonnement achevée au bout de 3 minutes !

Bravo à Eve et Alfred (entre autre), il ne faut pas non plus oublier le 4ème membre de l’équipe : celui qui est derrière l’appareil photo !
Je déclare ouvert…
Cette année encore, c’est Jean-Luc qui introduit cette nouvelle édition du printemps agile. Si la communauté agile Caennaise est restreinte, elle est très active comme le démontre l’agenda annuel. De plus, cela fait plaisir de voir l’enseignement supérieur s’y intéresser sérieusement, aussi bien du côté étudiant que du côté enseignant !

Scrum Shu Ha Ri
Sur ces bonnes paroles, je dois vous abandonner : ma présentation “Scrum Shu Ha Ri” figure sur le premier créneau horaire. Ne vous en faites pas : je partagerais bientôt mon support de présentation pour faire suite à mon teaser. Avec un peu de chance, je pourrais aussi vous partager une vidéo et l’article correspondant si j’ai le courrage !
C’est d’ailleurs toute une matinée Zenika qui se partageait la salle ce matin là : Géry Derbier prenait ma suite pour un Carpaccio !
Carpaccio Game
Le Carpaccio, c’est ce jeu agile créé par Alistair Cockburn pour appréhender le découpage des fonctionnalités en tranches fines. Géry en est littéralement devenu le spécialiste et l’a pratiqué de nombreuse fois.
Moi-même, j’ai eu l’occasion de l’animer une demi-douzaine de fois, car il fait partie de mon “package immersion agile” chez mon client actuel.

J’assistais Géry durant cet atelier, car nous avions un nombre de participants tout à fait conséquent. La premi§re partie se fait sans machine : nous cherchons à découper le problème en tranches.
La seconde produit un peu plus de sueur: il faut développer et démontrer le produit toute les huit minutes !

L’animation de Géry diffère un peu de la mienne. Celle de Géry est certaine plus orthodoxe : il enchaine directement les itération de 8 mainutes (8 minutes !) … démo comprises. Pour ma part, je demande à ceux qui assistent à la démo de faire des vérifications approfondies… du coup je neutralise le chrono au bout de 45 secondes. Cela me permet aussi de tracer les courbes d’évolution des différentes équipes.

Du coup, le stress selon l’animation de Géry est beaucoup plus élevé. On termine l’atelier par une petite rétrospective: qu’avez-vous appris de ce jeu ? Qu’y avez-vous observé ?

Ceci termine notre matinée du printemps agile… et la première partie de ce retour. A très bientôt pour la seconde partie !
Note de lecture : Commitment, par Olav Maassen, Chris Matts & Chris Geary
Note : 8 ; Un livre sérieux n’a pas besoin d’être ennuyeux !
Cela ne va pas être facile de faire une note de lecture sur ce livre-ci. Il est hors-norme. Déjà par sa genèse, car il a été financé en crowd funding (cela doit expliquer pourquoi mon exemplaire est numéroté « 854 sur 2000 » à la main). Et surtout parce qu’il s’agit d’une bande-dessinée ! Dans ces conditions, inutile d’essayer de comparer les 216 pages découpés en 7 chapitres à une quelconque littérature informatique classique.
En ce qui me concerne, ce format hors norme m’a rendu la lecture facile et plaisante, et j’ai avalé la prose en 2 jours sans faire du temps plein. J’ai trouvé qu’il valait le coup de se refréner pour savourer, un peu comme avec une boite de chocolats…
Commitment nous parle des « options réelles ». Une approche directement transposées des produits financiers. Plutôt que de nous exposer le sujet de manière académique (à ce point, vous avez probablement compris que le livre n’est absolument pas académique), les auteurs nous racontent une histoire. L’histoire de Rose Randall qui a suivi son manager dans un projet « death march » où elle fait un travail clérical qui l’absorbe jour, nuit et week-end. Puis son manager se fait virer et elle doit reprendre le flambeau ! A cet endroit commence le parcours initiatique de Rose auprès de sa sœur Lilly. Les options réelles nous apprennent à faire face à l’incertitude en préparant différents plans, à reconnaître leur nécessité et finalement … s’apercevoir que les options sont partout ! Bien sûr les options n’arrivent pas seules mais sont enrobées dans le mindset agile : transparence, kanban, 100% done, etc…
Bien que l’ouvrage se concentre sur ‘aspect « story telling », l’histoire est entrecoupée d’extraits fictifs du journal de Rose Randall ou de blog posts de Rose, de sa sœur Lilly ou d’autres. Ils nous permettre en 2 ou 3 pages de prendre un peu de recul sur ce que nous avons vu et de solidifier quelque peu ce que nous avons vu. Bonne idée. Toutefois cela ne transforme pas la nature du livre, ce n’est de toute façon pas l’idée.
Dans le cas présent, il nous faut ne manière exceptionnelle évoquer le volet artistique. Quand il s’agit de bande dessinée, je me déclare à 100% adepte de l’école Belge. Bien sûr, on me dira qu’il ne s’agit pas d’une école mais d’un ensemble de courants. Disons que c’est plutôt par opposition au(x) style(s) américains, ce qu’on appelle de manière un peu trop réductrice les comics. Malgré l’origine européenne des auteurs, l’inspiration est sans contestation possible américaine. Aussi bien par le style graphique aux contrastes très prononcés (je dirais d’inspiration Milton Caniff) bien que le style soit quand même (heureusement) plus épuré. Les angles de vue et le déroulé parfois un peu haché de l’histoire donnent une ambiance à la Raymond Chandler. Cela nuit un peu à la fluidité de l’histoire par rapport à la fluidité des bandes dessinées belge. Mais la construction de l’histoire étant de bonne facture, ça le fait, comme on dit.
Aussi bien par sa substance, qui vous offrira un outil extrêmement précieux dans vos projets que par son style hors norme, je ne peux que recommander ce livre. A moins que vous ne fassiez une allergie absolue aux bandes dessinées…

Référence complète : Commitment – Olav Maassen, Chris Matts & Chris Geary – Hathaway te Brake Publications 2013 – ISBN : 978-90-820569-0-7 (1st printing ; exemplaire 854 / 2000)
Pour examiner la vérité il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut.
