OSGi en mode natif et ployglotte

Parlons net : aujourd’hui OSGi est la seule alternative qui marche à la pantalonnade “Java Modules” qui ne cesse d’être repoussée de version en version de Java. On ne saurait affirmer que nous les auront pour la version 9, mais on sait déjà que les développeurs n’auront pas accès à l’écriture de modules.

OSGi marche et depuis longtemps. Par le biais de la RFP156, cette “SOA ina JVM” n’entends pas rester cantonnée à un rôle de faire-valoir par rapport à Java Module, mais à s’étendre à d’autres environnements et langages. Sont principalement visés: C, C++ et Javascript ; mais les autres environnements sont évidemment bienvenus.

Les participants à cette RFP font tous partie des mondes C et C++; en l’occurence Celix ©, CTK plugin framework (C++), NOSGi (C++) et CppMicroServices (C++).

Cette RFP est assez sommaire, voir superficielle. Elle fait le point sur les travaux des différentes équipes et s’en sert comme base pour les requirements listés à partir de la page 9.

Et sur les autres fronts

Il y a aussi un projet sur GitHub mais il ne semble pas bouger depuis au moins un an.

Mais on n’en reste pas là. Le Polyglot OSGi fait son chemin, comme nous le démontre cette présentation

Et après le RFP 156 centré sur C++, cet article fait le point sur OSGi pour Javascript, incarné par la RFP 159 (mais celle-ci reste un brin creuse).

Le choses bougent avec une réelle volonté côté OSGi ; Elles bougent au moins aussi vite que ne s’enlise ces java Modules, pas encore là et déjà vidés de leur substance…

Le Congrès Solvay de 1927

Le congrès Solvay 5ème du nom ayant pour thème “électrons et photons” reste le plus célèbre, d’une part parce qu’il permit la première rencontre entre Lorentz et Einstein mais surtout par l’impressionnant aréopage de sommités réunis à cette occasion. Je vous laisse découvrir les noms figurant sous la photo…

Note de lecture : Software in 30 days, par Ken Schwaber & Jeff Sutherland

Note : 3 ; Déçu, déçu, déçu et anachronique !

Jurgen Apello a qualifié ce livre de « poorly writen marketing brochure ». Je dois avouer que cela résume bien le livre. Pourtant, je me réjouissais d’avoir enfin un texte co-écrit par les 2 créateurs de la méthode, mes attentes étaient donc élevées, c’est certain. Voyons ce qu’il en est.

Le livre est bref : 125 pages (rajoutons les 3 très volumineuses annexes qui comptent tout de même 60 pages), sur 10 chapitres rassemblées en 2 sections. C’est du John Wiley, le papier est dégueulasse, c’est une habitude chez cet éditeur. En fait, ça commence même mal dès la couverture : qui fait encore du Scrum sur 30 jours ? Les auteurs sont restés campés sur leur position vieille de 20 ans (pour être précis). Le monde a changé entre temps, ils ont choisi de décider que le monde avait tord et que la Vérité promulguée il y a 2 décennies était inaltérable. En tout cas, cela ressemble à ça.

Long d’un peu plus de 50 pages et fort de 4 chapitres, la première section défends l’idée que toutes les organisations peuvent produire du logiciel… en 30 jours (encore !). Les 13 pages du 1er chapitre introduisent la « crise du logiciel ». C’est l’introduction classique à l’agilité. L’intérêt ici, c’est de s’appuyer sur des études datant de 2011 au lieu de la classique étude du Standish group de 2002 !

Au chapitre 2, on s’intéresse à l’essence de Scrum : l’empirisme. Un propos que j’ai l’impression d’avoir déjà lu il y a 10 ans dans les ouvrages précédents de Ken Schwaber. Plus pathétique encore : comparer cette approche au Waterfall. Sans doute il y a-t-il encore un peu de Waterfall sur des projets dans des coins, mais que diable, nous sommes en 2013 !

Après l’introduction, la mise en œuvre. Le chapitre 3 nous propose de choisir un projet pilote pour mettre en œuvre Scrum. C’est à mon avis un anachronisme de plus, car si ce concept pouvait exister il y a 10 ans, aujourd’hui les projets qui ne sont pas critiques ne sont simplement pas faits. Seule bonne nouvelle : le chapitre est court.

Cette première partie s’achève sur un court chapitre de 8 pages qui pose et investigue la question : quelle est la prochaine étape ? C’est une introduction à la seconde partie.

Cette seconde partie, justement, compte 70 pages sur 6 chapitre. Elle débute par le chapitre 5 qui présente les grandes lignes du framework Scrum. Le grand moment de rigolade de ce chapitre, c’est quand les auteurs prétendent que la majorité des mises en œuvre de Scrum se font avec des durées de 30 jours et que la réduction de cette durée à 2 semaines n’affecte que de façon très marginale les durées des meetings de début et fin d’itération. C’est ce qu’on appelle être bien à côté de ses pompes !

Le chapitre 7 nous présente le « studio Scrum ». C’est peut-être le chapitre le plus intéressant du livre, sans qu’il soit non plus transcendant. Mais au moins on parle un peu sérieusement de la « definition of done », par exemple.

Les chapitres 8 et 9 évoquent Scrum au niveau de l’entreprise. Cela reste dans la même veine que l’Enterprise Scrum de Ken Schwaber, rien de nouveau et c’est nettement plus superficiel.

Enfin le chapitre 10 nous parle de cycles d’amélioration de Scrum. Là encore un propos qui fait double emploi avec la prose de Agile Project Management with Scrum de Ken Schwaber.

Le Scrum Guide de l’annexe B est celui disponible en ligne. OK, cela occupe au moins un peu de place. Le « playbook » de l’annexe 3 est plus originel, quoiqu’il date de 2005 !

Ce livre est une grosse déception à de nombreux niveaux. Clairement j’attendais mieux des créateurs de la méthode. Le propos est très superficiel, et même carrément marketing. Je m’attendais à y voir les tripes des auteurs, y sentir des choses profondément ancrées : rien. Le seul intérêt que je peux voir est l’usage exclusif des termes et concepts originaux de Scrum. Ainsi on y parle exclusivement de « product backlog items (PBIs) », là où il semble admis un peu partout de parler de user stories… le retour aux fondamentaux n’est pas nécessairement un mal partout.

S’il n’y a pas de raison à bouleverser le framework Scrum, le propos n’a pas non plus changé d’un iota. Un certain nombre de points souvent dogmatiques sont toujours là et présentés comme indiscutables. Pourtant ils peuvent l’être ou être anachroniques, tel la durée des sprints sur 30 jours (ce que je n’ai ni pratiqué, ni jamais vu pratiqué). Un livre que je déconseille très fortement à tout le monde. Les bons livres sur Scrum existent. Ailleurs.

Référence complète : Software in 30 days – Ken Schwaber & Jeff Sutherland – John Wiley & sons 2012 – ISBN : 978-1-118-20666-9

Software in 30 Days: How Agile Managers Beat the Odds, Delight Their Customers, And Leave Competitors In the Dust

https://www.goodreads.com/book/add_to_books_widget_frame/1118206665?atmb_widget%5Bbutton%5D=atmb_widget_1.png&atmb_widget%5Bhide_friends%5D=on

Essai du Livescribe Sky Wifi Smartpen

Découverte de la bête

Le Livescribe est dans la lignée directe du Logitech io : un stylo électronique fonctionnant sur une base clasique (papier + pointe à bille) mais sur un papier muni d’une trame très fine permettant à la caméra et à l’électronique subordonnée de se repérer et de digitaliser l’écriture.

L’ensemble se présente dans un packaging plutôt sommaire (moins bien fini que son prédécesseur). En ouvrant la boite, on constate quelsues différences :

  • Le stylo est bien plus fin : on le tient mieux en main, et il fait moins “alien” quand vous le dégainez en réunion. Il reste quand même assez massif…
  • Il n’y a plus de socle de ravitaillement, la connexion USB (indispensable ne serait-ce que pour recharger) se fait directement entre le stylo et l’ordinateur. Câble fourni, bien sûr. C’est plus simple, c’est mieux.
  • Le stylo lui-même est fourni avec non pas avec un capuchon mais plutôt un embout enfichable pas pratique du tout, que l’on aura tôt fait de perdre. D’ailleurs, il en est fourni 2.
  • On ne saurait rater le petit écran d’affichage, en-dessous du bouton marche/arrêt. Indispensable à différents niveaux d’utilisation. Curieusement, il fait bien le boulot.
  • Enfin le stylo est équipé d’un micro qui permet un enregistrement et qui est synchronisé (vraiment synchronisé !) : la classe.

Sur cette photo, vous pouvez comparer le Livescribe (à l’avant plan) avec le Logitech situé juste derrière. L’embout qui sert de capuchon est situé sr la gauche du stylo. A comparer avec le vrai capuchon du Logitech ! L’écran du Livescribe est égallement visible.

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Au démarrage !

Ce stylo est Wifi et utilise Evernote pour déverser les pages numérisées. Si vous êtes un accroc d’Evernote (comme moi), c’est franchement bien. Nous reviendrons là-dessus. On pourrait croire que cela va nous dispenser d’installer quoi que ce soit l’ordinateur si tout passe par le cloud ? Pas tout à fait. Donc en fait, pas du tout !

Il y a un petit soft à installer pour le setup de base du stylo et pour charger les mises à jour. Ce soft pilote le cable USB dans cette configuration. Il y a aussi de la configuration à faire sur le site Livescribe pour enregistrer le stylo et autoriser le déversement des notes sur votre compte Evernote.

Une partie importante de la configuration du stylo est saisie complètement sur le stylo lui-même. La méthode est extrêmement originale et déroutante au premier abord : on selectionne les paramètres à configurer et on saisit les valeurs en pointant le stylo lui-même sur une carte spéciale où figure un clavier fictif !

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Ce clavier fictif figure en première page d’un cahier “starter” fournit avec le kit. Livescribe founit quelques fiches en sus, on ne sait jamais. Au passage notons que Livescribe est plus pingre que Logitech sur les fournitures. Le cahier starter n’est pas extraordinaire (et pas bien gros non plus) il faut penser rapidement à se réapprovisionner.

Hélas seuls certains cahiers sont disponibles en France. Il existe des carnets genre Moleskine, mais qui ne sont disponibles qu’aux USA. J’en ai commandé 2 : le coût du carnet chez Amazon plus la livraison, ça ne fait pas bon marché !

Autre chose orginale concernant les carnets : Livescribe détecte les carnets utilisés et ouvre un carnet Evernote différent pour chacun d’entre-eux ! C’est excellent. Par contre impossible de modifier le titre de la page, c’est très agaçant.

A l’usage

C’est la simplicité même: le bouton marche/arrêt. Ensuite, il ya des commandes pour débuter, arrêter ou mettre l’enregistrement en pause en bas de chaque page !

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Si vous saisissez le texte à un endroit où le Wifi du stylo n’est pas configuré (c’est le cas le plus fréquent), il suffira de l’alumer de retour à l’endroit où le Wifi est configuré : la synchronisation se fera toute seule ! De l’autre côté, la synchronisation dans Evernote se fait comme vous en avez l’habitude.

Maintenant, il faut en venir à la très très mauvaise nouvelle !

Pas de conversion de texte !

Quand j’utilisais le Logitech io, il y a 237 ans, je disposais d’un petit soft de reconnaissance de texte. Il n’était pas parfait, mais fonctionnait raisonnablement bien moyennant un petit apprentissage.

Le prédécesseur du modèle Wifi, le pulse ne fonctionnait pas via Evernote. Mais une société tierce, Vision Object proposait un soft pour convertir le texte depuis le Livescribe Desktop. Comme le Livescribe Wifi fonctionne sans le Desktop, on n’a plus accès à cette possibilité.

Le seul espoir réside dans l’apparition d’une fonctionnalité de conversion dans Evernote. Mais à priori rien ne semble prévu, même en version Premium !

En conclusion

Le gadget est sympathique. Mais l’absence d’un outil de conversion qu’on accepterait de grand coeur de payer en plus m’empêche de recommander ce modèle. Je garde espoir qu’Evernote nous propose quelque chose dans un horizon pas trop lointain. C’est un gros handicap pour moi car j’utilise mes notes manuscrites pour mes blog post en grande partie.

L’absence de conversion est d’autant plus frustrante qu’Evernote sait parfaitement reconnaitre l’écriture manuscrite et la rend “cherchable” !

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Donc si votre besoin est juste de collecter des note et de pouvoir faire des recherches à l’intérieure, les possibilités offertes ici peuvent vous suffire. Mais c’est plutôt limitant.

Pour vous permettre de vus faire une idée, voici une pertie de cette article sous forme manuscrite saisie avec le Livescribe.

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Stoos Satellite Paris en Janvier

Le nombre ne fait pas forcément la qualité (il est vrai que l’inverse ne se vérifie pas non plus), nous n’étions que 3 pour ce premier déjeuner Stoos de 2014 !

Passer un moment intéressant ensemble, avec des personnes que j’apprécie, avec lesquelles je vais pouvoir échanger des idées et qui me feront reflechir est déjà une bonne motivation pour moi. Yannick et Christine font sans aucun doute partie de ces personnes.

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La co-création de valeur

Christine nous avait fait rencontrer Manfred Mack l’an dernier, ce dernier nous avait parlé de co-création de valeur et de son expérience en cette direction chez Spi-Batignolles. Ils semblent tous deux très motivés pour enclencher un évènement autour de cette question, peut-être une bonne occasion d’impliquer le groupe et enfin faire quelque chose de concret.

Par contre, il reste à déterminer quelle forme donner à cela. Car si des témoignages sont intéressant, cette approche se vit plus qu’elle ne s’expose. Nous avons donc encore du pain sur la planche.

Pour l’instant notre réflexion nous a conduit à explorer l’existence de cette co-création à différents niveaux stratégiques ou opérationnels. C’est peut-être une voie à explorer pour une thématique du genre “la co-création de valeur aux différents niveaux de l’entreprise” ?

Les tests d’acceptance sont de la co-création

Il semble que Yannick et moi partageons la même expérience sur ce sujet : Ecrire des tests d’acceptance en faisant travailler côte à côte les différents métiers impliqués dans un projet nous apporte une plus value à de nombreux niveaux :

  • Créer une convergence de point de vue et de compréhension du problème.
  • Etablir un langage commun.
  • Valoriser la complémentarité de points de vue et de savoir-faire des intervenants.

Le motif récurrent semble être le “langage commun” d’une part et l’effacement de la frontière entre le “nous” et le “eux” qui nous est si chère, à nous autres agilistes.

Communautés et équipes opérationnelles

Effacer les frontières entre les métiers pour réaliser des projets en mettant les personnes nécessaires dans une même équipe, c’est bien. C’est même indispensable. Mais c’est aussi détruire une citadelle pour en construire une autre !

En effet, le partitionnement organisationnel en métiers induit une friction dommageable au fonctionnement des projets, souvent coûteux, parfois fatal. Par contre il favorise la transmission d’information transversal et permet (ou plutôt devrait permettre) l’amélioration des savoirs-faire.

Les unités projets pluri-disciplinaires réduisent cette friction et améliorent l’efficacité de manière très importante. Mais elle créent de nouvelles barrières pour permettre la communication transversale et l’apprentissage au sein d’un même corps métier. C’est là qu’interviennent les principes de communauté et de guildes comme l’évangélise Jurgen Appelo ou que l’applique Henrik Kniberg chez Spotify. La difficulté étant de maintenir et entretenir ces communautés. C’est parfois fait via un “20% de management opérationnel”. Je vais tenter quelque chose en ce sens dans les mois qui viennent, j’aurais peut-être un retour à faire d’ici quelque temps…

Effectuation

Voilà plusieurs fois que j’entend revenir ce néologisme. Cette fois, c’est Yannick qui nous en parle ! Apparemment, il s’agit d’une logique d’expertise entrepreneuriale qui va à l’inverse de la logique causale, mais qui part plutôt de l’effet que l’on cherche à obtenir, si j’ai bien compris. Elle se rapprocherais ainsi de la logique de pensée du coaching orienté solution, si je peux me permettre cette association osée…

La vidéo de la conférence TED que m’a envoyé Yannick est un peu longue, mais Saras Sarasvathy est la chercheuse qui a identifié et formalisé ce concept, il est donc juste d’en donner le lien.

A bientôt pour un prochain déjeuner Stoos ou des nouvelles de l’évènement sur la co-création de valeur !