Note de lecture : The Goal, 4th edt., par Eliyahu M. Goldratt

Note : 8 ; Un très grand classique !

 » The Goal  » fait partie d’une petite minorité de livres informatiques : celle des ouvrages écrits sous forme de romans. Ce n’est pas non plus un perdreau de l’année car le texte accuse ses 30 ans ! La forme romancée possède un atout majeur : l’agrément de lecture. Ainsi le texte s’avale bien et vite, ce qui explique certainement en partie les 6 millions d’exemplaires vendus !

Le texte comporte 337 pages pour ce qui est du livre lui-même, le tout rythmé en 40 chapitres. A cela s’ajoute pour cette 4ème édition un excellent article qui couvre une quinzaine de pages :  » standing on the shoulder of giants  » qui décortique les principes fondamentaux du Toyota Production System. Mais cet article est surtout riche de sa perspective historique, depuis ses racines Fordistes au contexte d’éclosion du TPS après la seconde guerre mondiale.

Revenons au livre lui-même. Je ne vais pas décortiquer les 40 chapitres, ce serait fastidieux et inutile. Je vais plutôt en relever les points qui m’ont marqués (les fameux post-it que je disposent pour ceux qui me connaissent).

  • Exploiter les contraintes du système, en les identifiant et en subordonnant le processus à celles-ci.
  • Exploiter la capacité résiduelle du système, mais sans créer de nouveaux goulots d’étranglement.
  • Visualiser le stock et les buffers comme des coûts.
  • Et surtout : mettre l’emphase sur le flux (donc le délai) plutôt que sur l’utilisation maximum de la capacité.
  • Travailler en petits lots pour fluidifier le système.

Les quelques points ci-dessus sont loin de rendre justice à l’odyssée que nous fait vivre l’auteur. Odyssée dans laquelle il figure lui-même : le maître à penser du personnage principal (Rogo) est un physicien Israélien, ce qui corresponds au pédigrée d’Eli Goldratt !

La partie roman sans être flamboyante est agréable à lire. Certains passages semblent faire du remplissage, comme l’épisode avec les scouts, jusqu’au moment où l’auteur exploite celui-ci pour nous faire découvrir un nouveau principe. Il sent bon aussi les années 80, avec les personnages fumant dans les bureaux ou le personnage principale rentrant chez lui bourré en s’affalant sur sa collègue. On a quand même le droit de rentrer ivre mort à la maison, non ? Seul le fil rouge de sa séparation d’avec sa femme est un peu lourd et assez largement hors sujet.

La progression de l’équipe dirigeante de l’usine est très bien faite, chaque découverte consolide la précédente et ouvre la voie à une nouvelle découverte. Les dialogues entre les personnages sont captivants et nous aident à nous approprier les principes évoqués.

L’ouvrage mérite hautement son succès planétaire. Il est à lire et à relire une seconde fois pour bien s’imprégner de la substance. Une réussite.

The Goal, 4th edt.

Référence complète : The Goal, 4th edt. – Eliyahu M. Goldratt – North River Press 2014 – ISBN : 978 0 88427 195 6

3 réflexions sur “Note de lecture : The Goal, 4th edt., par Eliyahu M. Goldratt

  1. Olivier

    Hello Christophe,

    Juste pour dire que l’édition Française « Le But » par l’AFNOR est bien lisible également et qu’on peut contrairement à sa version anglaise la trouver à un prix abordable ! J’ai noté 2 coquilles qui nuisent au sens en seulement 415 pages. Donc pour des gens qui n’ont pas le courage de l’attaquer dans la langue de Shakespeare c’est un repli honorable.

    Sinon pour ce qui est du fil rouge avec sa femme, je pense plus que l’auteur fait preuve d’une grande finesse en mettant en scène une situation ou l’absence de communication a détruit « provisoirement la relation ». Quand il réussissent enfin à se parler de façon constructive et que sa femme trouve un but.. elle devient un personnage intéressant qui inscrit les travaux de Goldratt dans la filiation de ceux de Socrate et ce sont ces lectures de livres de maïeutique qui remettent Alex dans le droit chemin une fois que Jonah n’est plus disponible en fin de roman.

    Petite question intéressée : As-tu prévu de faire des notes de lecture sur les suivants style : The Chain ou It’s not Luck ?

    En tous cas merci pour cette notre de lecture hyper intéressante.

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  2. Ludo

    J’ai entendu plusieurs collègues me dire que The Phoenix Project (que tu as lu et dont tu as fait une review ici meme, si je ne me trompe pas) est largement inspiré de The Goal.
    D’après toi, si on a deja lu The Phoenix Project, la lecture de The Goal est elle intéressante et apporte de nouveaux éléments ou est ce que c’est vraiment trop proche l’un de l’autre ?

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    1. Bonjour Ludo,
      Largement inspiré, en effet. Mais il ne s’agit pas de plagiat ou de redondance. Le format romancé et la trame « on est dans la m… comment s’en sortir ? » se ressemblent beaucoup en effet.
      The Goal tourne beaucoup autour de la théorie des contraintes. The Phoenix Project est dans la continuité, avec une pincée de Lean et une grosse pensée Devops.
      Si tu as aimé l’un, tu devrais aimer l’autre !
      Christophe

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